Depuis mai, les canicules à répétition ont favorisé les noyades en France

Intenses et longues, les trois canicules qui se sont succédé depuis mai en France étaient propices à la baignade: 274 personnes ont péri par noyade en deux mois et demi, dans la mer, des cours d'eau ou des piscines privées, mais aussi des lieux de baignade interdits.

Sur ces noyades mortelles comptabilisées du 1er mai au 15 juillet, quatre sur cinq se sont produites pendant les jours de canicule, qui représentent la moitié de la période, ont annoncé vendredi les autorités sanitaires.

Comparé à 2025, où 241 personnes avaient perdu la vie par noyade en métropole et outre-mer sur la période, déjà marquée par un nombre de morts important, la hausse des décès est "modérée".

Ainsi, 48 décès se sont produits lors de la première canicule, du 24 au 31 mai. Puis 103 personnes ont péri par noyade du 16 juin au 3 juillet, lors du deuxième épisode particulièrement meurtrier, où des chaleurs très intenses ont touché la presque totalité du territoire. Et enfin 65 décès ont été enregistrés du 4 au 15 juillet, a précisé Santé publique France (SpF).

Cette année la surveillance des noyades, jusqu'au 30 septembre, a démarré un mois plus tôt, dès le 1er mai, "pour répondre aux nouveaux enjeux du changement climatique", car "la période propice aux baignades" s'allonge, avec "des conditions météorologiques de plus en plus clémentes" dès mai, a rappelé Yann Le Strat, directeur scientifique de SpF lors d'un point presse.

- Malaises -

Au total, 925 noyades ont eu lieu en France, dont sept sur dix n'ont pas été mortelles car la personne a été secourue -mais elles peuvent être suivies de lourdes séquelles. Cela marque une augmentation de 14% comparé à l'an dernier a précisé l'agence sanitaire.

"Les températures élevées ne provoquent pas en elles-mêmes des noyades, mais des conditions favorables à la baignade. Ce qui provoque les noyades, c'est l'augmentation des prises de risques des personnes pendant la baignade" a rappelé Aymeric Ung, épidémiologiste à SpF.

Si neuf noyades suivies de décès sur dix concernent des adultes, 37 enfants et adolescents ont perdu la vie, un chiffre stable comparé à l'an dernier, tandis que l'augmentation du nombre total de noyades - mortelles ou non - a concerné principalement les adultes.

Les noyades mortelles en piscine - publiques, bases de loisirs, campings, hôtels... - et lieux de baignade artificiels aménagés ont doublé, passant de 31 à 60 au plan national, concernant en "très grande majorité les adultes" à la "recherche de fraîcheur", qui ont parfois "surestimé leur capacité" ou "souffrant de pathologies chroniques pouvant entraîner des malaises", précise SpF.

- "Lieux interdits" -

Ainsi chez les personnes âgées, une noyade sur deux survient dans un contexte de malaise.

Nombre de noyades mortelles d'adultes, concernent des personnes "ayant des pathologies préexistantes", qui se baignent "seules, le matin ou le soir" et "font un malaise", a indiqué M. Ung. Chez les enfants, "la cause quasiment exclusive de noyade, c'est l'absence ou le relâchement de surveillance par des adultes", des accidents "globalement rattrapés" ce qui évite la plupart du temps, le décès, selon lui.

Chez les mineurs, le nombre de noyades suivies de décès en cours d'eau et plan d'eau a été particulièrement élevé (23 noyades sur 37), ce qui représente près des deux tiers (62%) des noyades suivies de décès dans cette classe d'âge.

Au plan régional, comparé à l'an dernier, le nombre de noyades suivies de décès sur le lieu de noyade, souvent "en milieu naturel dans des lieux non aménagés et interdits à la baignade", a bondi de 46%, passant de 70 à 102, dans "les régions de l'intérieur sans façade maritime", en particulier l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et l'Île-de-France.

En Île-de-France, le nombre de noyades mortelles a bondi de 14 l'an dernier à 35 en 2026: il a été multiplié par trois (de 5 à 15) sur le seul département de la Seine-et-Marne.