Plusieurs dizaines de personnes manifestent dimanche sous haute surveillance des autorités, malgré l'interdiction de la préfecture, afin de protester contre Cigéo, projet contesté d'enfouissement des déchets nucléaires les plus radioactifs à Bure, dans la Meuse.
Des militants, environ 85 selon la préfecture, ont quitté l'ancienne gare de Luméville, haut lieu de la protestation, pour se rendre à Mandres-en-Barrois au fin fond de la campagne meusienne, a constaté une journaliste de l'AFP.
En cette journée ensoleillée de printemps, les militants défilent dans le calme. Un hélicoptère et des drones survolent la zone.
Sans préciser le nombre des forces de l'ordre, la préfecture a évoqué dimanche un dispositif de sécurité "adapté à la menace", avec de nombreux contrôles de gendarmes.
"C'est incroyable le nombre de camionnettes qu'il peut y avoir, de grosses camionnettes de gardes mobiles. On a l'impression d'être dans un état de siège complet", témoigne Agathe, une co-organisatrice de l'événement, qui veut rester anonyme.
Des zones d'exclusion, interdisant la circulation des personnes et des véhicules, ont été mises en place, en particulier autour des installations de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), porteuse du projet Cigéo.
La manifestation avait été interdite jeudi car elle n'avait pas fait l'objet d'une déclaration et aucun organisateur ne s'était identifié.
"Les informations recueillies font état de la présence attendue de groupes radicaux, susceptibles de recourir à des actions violentes", avait précisé la préfecture, évoquant le risque de troubles graves à l'ordre public.
Lancé en 1991, le projet prévoit à partir de 2050 l'enfouissement à 500 m sous terre de 83.000 mètres cubes de déchets de centrales nucléaires devant rester hautement radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d'années.
En septembre, entre 700 et 2.000 personnes, selon les autorités et les organisateurs, avaient manifesté sur les lieux, un rassemblement déclaré celui là et déjà sous haute surveillance policière. La préfecture avait dit avoir dénombré quelque 200 militants black bloc, vêtus de noir et le visage dissimulé.
Le coût du projet est estimé par l'État à 33,36 milliards d'euros, bien plus que les 25 milliards envisagés en 2016 par les autorités.