Déchets nucléaires à Bure: les opposants ont quitté les lieux, selon la préfecture

L'ancienne gare de Luméville-en-Ornois (Meuse), haut lieu de la contestation contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires hautement radioactifs Cigéo à Bure, a été libérée par ses occupants, a annoncé la préfecture lundi soir.

La gare, devenue le quartier général dans la région des opposants au projet depuis 2007, est propriété de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), porteuse du projet Cigéo.

Une décision de justice rendue fin mars permettait son expulsion.

Mais les militants ont quitté les lieux dimanche soir, à l'issue d'une semaine de mobilisation, a annoncé le préfet, Xavier Delarue, dans un communiqué.

Dans l'après-midi dimanche, quelque 85 militants, selon les autorités, avaient défilé dans le calme entre la gare et le village de Mandres-en-Barrois, distant de quelques kilomètres, dans la campagne meusienne.

Plus tard dans la soirée, des gendarmes intervenaient pour "retirer les barricades" installées sur une route départementale à proximité de la gare "par les occupants illégaux", rapporte le préfet.

"Ces derniers ont incendié les obstacles ainsi que plusieurs zones à l'intérieur du site de la gare, avant d'abandonner les lieux", a-t-il ajouté.

Il existait toutefois un "risque de reprise d'incendie, la présence de débris, de structures fragilisées, d'objets dangereux, de dispositifs piégés et de bouteilles de gaz susceptibles d'exploser", nécessitant l'instauration d'un périmètre de sécurité de 500 mètres autour de la gare.

Lundi matin, "une levée de doute a été effectuée par la gendarmerie, en présence d'un huissier mandaté par l'Andra, constatant (...) le départ des occupants" dimanche soir.

"Un dispositif de gendarmerie restera mobilisé dans les prochains jours, afin d'assurer une sécurisation complète et durable du secteur", a précisé le préfet, ajoutant que des travaux de mise en sécurité se poursuivront pendant plusieurs mois.

La gare se situe sur la ligne de la future voie ferrée qui doit, si le projet aboutit, acheminer les déchets nucléaires vers le bâtiment de conditionnement avant leur enfouissement.

Lancé en 1991, le projet Cigéo prévoit l'enfouissement à partir de 2050 de 83.000 mètres cubes de déchets de centrales nucléaires devant rester hautement radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d'années.

Son coût est estimé par l'Etat à 33,36 milliards d'euros, bien plus que les 25 milliards envisagés en 2016 par les autorités.

La prochaine étape du projet sera le lancement, le 18 mai, d'une enquête publique, qui devait initialement se tenir au deuxième semestre.