La France dispose de nombreux atouts en faveur de la décarbonation de l'économie, notamment dans l'énergie grâce au nucléaire, mais reste en retrait sur certaines nouvelles technologies, à l'instar des batteries, indique le Haut-commissariat au Plan dans une note publiée jeudi.
Dans ces travaux, qui cherchent à situer la France dans "la dynamique mondiale de l'innovation +bas carbone+", les auteurs mettent en avant la "position forte" du pays "en matière d'énergie décarbonée, en grande partie du fait du nucléaire".
Cette bonne position s'explique par le fait que le nucléaire reçoit une grande partie des financements publics pour la recherche et le développement: presque la moitié des crédits budgétaires lui est consacrée, selon la note.
La France fait "partie des pays spécialisés dans les technologies de décarbonation, notamment celles concernant le transport aérien, le ferroviaire, l'énergie nucléaire, les combustibles issus de l'agriculture ou de déchets, ainsi que le captage et stockage du carbone", mentionne également le document.
Les auteurs font par ailleurs remarquer que les crédits publics destinés aux énergies fossiles, fortement carbonées, "sont devenus résiduels": "leur part est passée de 18% en 2004 à 2% en 2023".
Au global, seuls quelque 10% des dépenses (publiques et privées) de la France en recherche et développement sont consacrées à l'environnement. "Malgré une croissance soutenue ces dernières années, cet effort reste inférieur à celui de plusieurs pays de l'OCDE", affirme ainsi le Haut-commissariat dans sa note.
La France est "en retrait dans certains domaines en forte croissance mondiale tels que les technologies propres ("cleantech") liées aux batteries ou aux technologies d'information et de communication", souligne le document.
La France peut cependant compter sur "un écosystème d'innovation dynamique", notamment "grâce à ses organismes publics de recherche".
"Parmi les pays de comparaison, la France est avec la Chine le pays pour lesquels la part relative des familles de brevets +cleantech+ impliquant des institutions publiques est la plus élevée", affirment les auteurs de l'étude.
"Sur la période 2019-2022, cette part avoisinait 21%, soit plus de deux fois le niveau observé aux Etats-Unis et plus de quatre fois celui de l'Allemagne", ajoutent-ils.
En revanche, le financement "externe", le capital-risque, demeure sous-développé "en comparaison d'autres pays, notamment les Etats-Unis".