Nouveaux réacteurs nucléaires, mix énergétique 100% renouvelables ou décroissance énergétique? Six personnalités de la gauche progressiste, pour certains candidats déclarés ou probables à la présidentielle, ont exposé lundi leur politique énergétique pour la France lors d'un débat organisé par la Fondation Terra Nova.
Tous ont soutenu la nécessité de produire de l'énergie bas carbone, mais sans surprise, la ligne de fracture s'est jouée sur le nucléaire.
Les figures de la social-démocratie présentes ont plaidé, avec des nuances, pour la poursuite des investissements dans les réacteurs nucléaires, tandis que les écologistes ont défendu une énergie 100% renouvelable voire la décroissance énergétique.
L'eurodéputé de Place publique Raphaël Glucksmann, probable candidat à la présidentielle et qui espère le soutien des socialistes, a ainsi défendu "la libération énergétique" de la France, affirmant que l'addiction au gaz et au pétrole était "une laisse énergétique qui nous enserre le cou".
Il s'est dit convaincu "qu'il faut être religieux sur l'objectif de l'émancipation vis-à-vis du fossile, et très pragmatique sur les manières et les équilibres qui permettent de sortir de cette addiction", appelant à "des investissements massifs dans les renouvelables", mais aussi "dans le nucléaire".
Même constat pour l'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui a prôné "un effort simultané" sur les deux, appelant à investir dans "le développement des énergies renouvelables non électriques" et "les réacteurs à neutrons rapides", en plus de la construction de six nouveaux EPR préconisée par Terra Nova.
"Nous avons besoin de faire monter nucléaire et énergies renouvelables en même temps", a aussi affirmé l'ancien président François Hollande, souhaitant "faire en sorte que les prochains EPR, pas tous, mais au moins deux ou quatre d'entre eux puissent être menés à bien".
Le chef des députés socialistes Boris Vallaud a lui défendu un mix énergétique dont le coeur serait "les énergies renouvelables", moins coûteuses "que les infrastructures nucléaires nouvelles et plus rapidement mobilisables et déployables". Mais il soutient "un nouveau programme électronucléaire" de 6 à 8 EPR comme "énergies passerelles" et la prolongation à 60 ans de la durée de vie des centrales historiques.
A l'inverse, la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a expliqué que "la souveraineté passe par 100% de renouvelable". "Le nucléaire n'est pour nous pas une option viable, ni une alternative crédible parce qu'il est à la fois trop cher, trop lent pour attendre la neutralité carbone, trop vulnérable et trop dangereux pour les générations futures", a-t-elle insisté.
Delphine Batho (Génération Ecologie) a plaidé pour "la décroissance énergétique, et non le simple transfert d'usage de telle énergie à telle autre", appelant à "une prise en compte des limites de la planète".