Dans la garrigue marseillaise, arracher des plantes invasives pour sauver la biodiversité

Afin de préserver la biodiversité de la garrigue marseillaise, l'Office national des forêts (ONF) et le Parc national des calanques ont organisé lundi un arrachage de luzerne arborescente, une plante envahissante qui risque de prendre le pas sur les espèces locales.

Dans le sud de Marseille, au col des Baumettes, des agents de l'ONF et du parc se sont activés toute la journée, accompagnés d'une vingtaine d'étudiants en BTS Gestion et protection de la nature du lycée agricole de Valabre, à Aix-en-Provence, afin d'éliminer à coups de pioche et de sueur cet arbuste.

"La luzerne a été introduite par l'homme pour des raisons ornementales, et pour de la revégétalisation sur des talus routiers", dit à l'AFP Patrice D'Onofrio, garde du Parc national des calanques.

Originaire du sud de la Méditerranée, la luzerne arborescente s'étend à présent dans les massifs calcaire qui dominent les calanques, ces criques aux eaux turquoises entourées de massifs rocheux et de garrigue.

Depuis les sentiers de randonnée que de nombreux touristes parcourent chaque été pour admirer le paysage, on remarque partout ses fleurs jaunes.

Mais cette plante, habituée aux milieux pré-désertiques, a proliféré dans les zones les plus sèches des calanques, aidée par le réchauffement climatique, au point de menacer la végétation locale de ce milieu de garrigue: thym, romarin, pistachier...

"Au fond du vallon, on ne voit plus que de la luzerne, elle est très concurrentielle", indique d'un geste Patrice D'Onofrio, qui pointe le risque d'uniformisation du paysage tout autour du littoral méditerranéen. "Chaque espace méditerranéen est différent, que ce soit en Espagne, au Portugal... Les plantes envahissantes leur font perdre de leur originalité et de la biodiversité".

D'autres espèces exotiques envahissantes peuvent menacer l'équilibre écologique des calanques, comme les figuiers de Barbarie ou les agaves, et sont eux aussi visés par des campagnes régulières d'arrachage.

"Il y a forcément des jeunes pousses qui vont reprendre", note Pierre Vidal, technicien forestier à l'ONF. D'autres chantiers d'arrachages seront donc effectués, mais aucune réintroduction ne sera menée dans cet écosystème à l'équilibre délicat, afin de "laisser la dynamique naturelle se remettre en place", ajoute Pierre Vidal.

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