L'installation d'un élevage hors-sol de 1.200 porcs au coeur du Parc régional du Limousin, contesté par des riverains qui redoutent une pollution des eaux, a été officiellement autorisée lundi par la préfecture de la Creuse.
Après avoir "procédé à une analyse approfondie" et "émis (...) un ensemble de prescriptions de contrôle", le préfet du département Jean-Philippe Legueult, "en concertation avec les services de l'État", a signé un arrêté permettant la mise en oeuvre du projet à Royère-de-Vassivière, selon un communiqué.
Porté par une exploitation bovine cherchant à diversifier son activité, il prévoit l'installation de 800 places pour des cochons à l'engraissement et 400 pour des porcelets en post-sevrage, quand la production moyenne des élevages de la filière française est de 5.000 animaux par an.
Face à cette implantation, un collectif de riverains avait lancé une pétition durant l'hiver, rassemblant 70.000 signataires, pour dénoncer les risques de prolifération de cyanobactéries dans les eaux voisines, liés, selon eux, aux fuites de phosphore d'azote de l'élevage.
Les opposants mettent notamment en cause l'épandage de lisier sur plusieurs parcelles qui, en s'infiltrant, pourrait polluer le lac de Vassivière, haut lieu touristique local où huit millions d'euros ont été récemment investis pour rénover le réseau d'assainissement.
Mais selon la préfecture, "les études réalisées indiquent un faible risque" d'infiltrations sur cette étendue d'eau.
Les "zones sensibles" proches du lac ont été "exclues" du plan d'épandage et celui-ci sera proscrit durant la période estivale, les weekends et les jours fériés, assure le représentant de l'État.
Pour lui, ce "projet de diversification de la famille propriétaire des terres vise à soutenir l'agriculture locale et la souveraineté alimentaire" de la Creuse, alors que le cheptel porcin du département a baissé de 22% depuis 2010, dans un pays où la viande de porc reste "le produit carné le plus consommé".