Coup d'envoi d'un projet pour allonger la durée de validité de médicaments

Pour tenter de limiter gaspillage et pollution, un projet lancé mercredi par les autorités sanitaires va explorer, avec des groupes pharmaceutiques volontaires, une prolongation de la durée de conservation de certains médicaments en France, en modifiant leur autorisation de mise sur le marché.

La majorité des médicaments autorisés y ont une durée de conservation de 2 à 3 ans, tandis que moins de 10% d'entre eux atteignent 5 ans, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

"Ces durées relativement courtes entraînent la destruction inutile de milliers de boîtes. Pourtant, réévaluer ces durées de conservation permettrait bien souvent de les augmenter, tout en s'assurant de l'efficacité des médicaments et de leur sécurité pour les patients", observe l'ANSM dans un communiqué.

Ainsi, "14 laboratoires pharmaceutiques ont répondu à l'appel à candidatures" pour participer à ce projet, qui va s'échelonner sur 5 ans, selon le gendarme du médicament.

Au total, 73 médicaments, parmi lesquels des traitements très utilisés à base de paracétamol, d'amoxicilline, de lévothyroxine, de mélatonine ou encore de lithium, sont concernés.

"Par exemple, 47 des 73 médicaments devraient atteindre une durée de conservation de 4 ans ou plus", indique l'ANSM.

L'allongement de la durée de conservation de ces médicaments devrait permettre de réduire leur gaspillage, d'améliorer leur disponibilité pour les patients et de réduire l'impact environnemental lié à leur production et à leur destruction, souligne le gendarme du médicament.

Plus de 8.200 tonnes de médicaments non consommés ont été collectées en 2025 pour qu'ils soient incinérés et valorisés, selon un bilan de Cyclamed, un organisme chargé de leur collecte, publié fin juin.

Selon des évaluations économiques, l'Assurance maladie supporte un coût annuel lié aux médicaments non utilisés estimé à 517 millions d'euros.