En baptisant leur neuvième ferry et le deuxième qui fonctionne au gaz naturel liquéfié (GNL), la compagnie maritime Corsica Linea a appelé vendredi à Ajaccio à la création d'un "corridor vert" pour la décarbonation du transport maritime en Méditerranée.
Avec ce nouveau navire, le Capu Rossu, qui va transporter 1.000 passagers dès lundi entre Marseille et Ajaccio, Corsica Linea assure devenir "la première compagnie française à exploiter deux navires au GNL sur les lignes régulières de Corse", a indiqué en conférence de presse le directeur général Pierre-Antoine Villanova en fêtant les 10 ans de la compagnie, qui est désormais le 2e employeur de marins français avec 1.500 employés dont 80% de marins.
"Ça rentre dans un projet très large pour nous de réduction de 40% de nos émissions de CO2 d'ici à 2030", a-t-il précisé, rappelant que la compagnie a six de ses neuf navires qui sont connectés électriquement à quai à Marseille, ce qui permet de réduire les émissions de CO2.
Mais l'électrification à quai n'est pas encore disponible dans les ports corses, a-t-il regretté.
"En passant au GNL, on réduit de 20% les émissions de CO2 mais c'est encore, malgré tout, du carburant fossile donc, sur la ligne Bastia-Marseille avec le navire Galleota, sera utilisé cet été, en juillet et août, du bio-GNL", a-t-il annoncé.
Avec ce bio-GNL, issu "de déchets organiques certifiés" et "qui coûte le double par rapport au GNL", "une liaison maritime régulière sera décarbonée à 80% pour la première fois en France" pendant l'été, a-t-il assuré, précisant ne pas encore pouvoir "le supporter économiquement toute l'année" mais jugeant important "ces premiers pas".
"C'est une première étape vers un corridor vert maritime" de décarbonisation en Méditerranée, la mer considérée par le fonds mondial pour la nature (WWF) comme la plus polluée du monde.