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Coronavirus en France: l'épidémie ralentit, interrogations sur le déconfinement

Avec un bilan "particulièrement douloureux" de plus de 20.000 morts du Covid-19, la France s'interrogeait toujours mardi sur le déconfinement programmé de la population, le gouvernement envisageant par exemple un retour à l'école étalé sur plusieurs semaines.

Le macabre bilan de l'épidémie a dépassé lundi "un cap symbolique et particulièrement douloureux" selon les mots du directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, avec 20.265 morts depuis le début de l'épidémie et 547 nouveaux décès en 24 heures.

Mais malgré ces chiffres terribles, l'épidémie se diffuse désormais plus lentement dans le pays et pour le douzième jour consécutif, le nombre de personnes hospitalisées en réanimation était en légère baisse, à 5.863 (-61).

Mais la prudence reste la règle, car selon des estimations publiées mardi par l'Institut Pasteur, seuls 6% des Français auront été infectés par le coronavirus le 11 mai, date prévue pour le début du déconfinement de la population, après huit semaines d'une quasi paralysie inédite du pays. C'est selon les spécialistes un niveau très insuffisant pour éviter une deuxième vague épidémique si toutes les mesures étaient intégralement levées après cette date.

Le gouvernement affiche donc une stratégie de tests "massifs" (500.000 par semaine) pour pouvoir isoler les malades à la sortie d'un confinement qui "a permis d'écrêter le pic épidémique", a répété mardi matin sur France 2 le ministre de la Santé, Olivier Véran.

"Depuis le début, nous disons qu'il y aura une phase de plateau et ensuite une phase de décroissance et il faut que le nombre de malades soit le plus bas possible au moment du déconfinement pour être capable de dépister chaque personne, de l'isoler, de la tester (...) dans de bonnes conditions", a-t-il souligné.

Un retour à la normale est donc clairement exclu et la vie des Français restera bouleversée pour un long moment. Pourtant, il faut relancer le pays, menacé d'une récession peut-être encore pire que déjà annoncée.

"Il y aura peut-être un troisième budget rectificatif avec des chiffres sans doute encore plus impressionnants", a affirmé le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin sur France Inter, alors que le plan d'action de 110 milliards d'euros du gouvernement est examiné à partir de mardi au Sénat.

Un budget rectificatif qui prévoyait déjà une contraction du produit intérieur brut (PIB) de -8% cette année, un déficit de 9% du PIB, une dette publique de 115%.

Emmanuel Macron, lui, va poursuivre cette semaine ses consultations en vue des prochaines étapes de la crise, notamment en s'entretenant avec les maires et des représentants de l'hôtellerie-restauration, a indiqué l'Elysée.

Le chef de l'Etat va "continuer ses consultations très larges pour préparer les prochaines étapes de l'après-confinement et de l'après-crise du Covid-19", indique-t-on dans son entourage.

- Risque de "catastrophes" -

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a de son côté appelé lundi les chefs d'entreprise à reprendre leur activité s'ils le pouvaient, comme par exemple dans la seule usine française du constructeur japonais Toyota, près de Valenciennes dans le Nord mais avec une production drastiquement réduite.

Le chômage partiel, qui concerne actuellement 9,6 millions de personnes, soit près d'un salarié du privé sur deux, ne sera pas abandonné le 11 mai, "sinon il y aurait des catastrophes", a souligné Mme Pénicaud, "mais ça va être dégressif" a-t-elle prévenu.

Dans cette perspective de reprise, les masques, et leur pénurie, restent un sujet de crispation majeur.

M. Véran a réaffirmé mardi la volonté du gouvernement de pouvoir prochainement "commencer à équiper les malades, les personnes fragiles, les personnes vulnérables" en masques chirurgicaux "au fur et à mesure" que la pénurie toujours vive se résorbera.

Pour le reste de la population le ministre a réitéré les affirmations sur la montée en puissance de la production de "masques grand public" pour lesquels le gouvernement a édicté des normes permettant d'assurer "quasiment la même filtration qu'un masque qui est destiné aux soignants".

Selon le gouvernement ils seront produits en France à un rythme de 17 millions d'exemplaires par semaine d'ici le 11 mai et seront probablement rendus obligatoires dans les transports publics. Certaines villes ont d'ailleurs commencé à en équiper leurs habitants, ou à en commander, comme Nantes qui attend de premières livraisons de 600.000 masques lavables et réutilisables.

Le gouvernement a par ailleurs accepté mardi que les futurs débats prévus à l'Assemblée nationale sur le déconfinement, et notamment le traçage des données mobiles dans la lutte contre le coronavirus, soient suivis de votes des députés.

- Retour en classes étalé -

Dans ces conditions, le retour à l'école parait incertain. Le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer a évoqué mardi un retour étalé sur trois semaines, par niveaux de classe.

La première semaine concernerait les élèves de grande section de maternelle, de CP et de CM2; la deuxième semaine ceux de sixième, troisième, première et terminale ainsi que les ateliers industriels en lycée professionnel, avant une reprise de l'ensemble des élèves la troisième semaine, avec des groupes ne dépassant pas 15 élèves.

"A partir du 11 mai ce sera si et seulement ainsi", avait insisté dès lundi le premier syndicat des chefs d'établissement. "Ce sera (aux) autorités sanitaires de valider des conditions satisfaisantes pour rouvrir les établissements, comme le ferait une commission de sécurité dans des temps bien moins complexes".

Sur la route du déconfinement progressif, le gouvernement a permis aux aînés fragiles confinés dans les Ehpad de recevoir à nouveau des visites, dans des conditions très encadrées.

Lundi, un établissement toulousain aménageait son entrée avec un "sas de visite" vitré et équipé d'hygiaphones pour renouer le contact entre ses 80 résidents et leurs proches. Les échanges dans ce parloir ne se feront que sur rendez-vous et selon la direction de l'établissement, qui ne déplore aucun cas de coronavirus, "il y a déjà une liste d'attente".

Selon le gouvernement, 45% des Ehpad ont signalé au moins un cas positif de Covid-19.

Au total, 7.752 morts sont à déplorer dans les Ehpad et 12.513 dans les hôpitaux, selon le dernier bilan.

bur-so/fpo

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