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Coronavirus: aucun fabricant n'aura de vaccin prêt pour l'été (Moderna)

Même en allant très vite dans les travaux sur le nouveau coronavirus chinois, "aucun fabricant n'est capable d'avoir un vaccin prêt pour l'été", estime Stéphane Bancel, directeur général de la société biotechnologique américaine Moderna Therapeutics, dans un entretien avec l'AFP.

Cette entreprise figure, avec l'américaine Inovio et l'australienne Queensland University, parmi les trois "biotechs" sélectionnées pour des partenariats par la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI), un organisme international chargé du développement de vaccins.

QUESTION: Sur quelle technologie est basé le vaccin que vous développez pour le coronavirus?

Il est basé sur la technologie de l'ARN messager. L'ARN messager est une molécule d'information codée avec les quatre lettres de base qui sont les mêmes à travers le vivant. Une fois qu'on a réussi à mettre au point la technologie qui marche sur l'homme, cela peut aller très vite, car c'est toujours le même procédé de fabrication. (...) Pour l'ARN messager contre la grippe ou contre le coronavirus, c'est la même façon de le fabriquer, la seule différence, c'est l'ordre des lettres qui code la protéine.

Dans le cadre du coronavirus, nous travaillons avec les Instituts nationaux de santé américains (NIH). Ils ont reçu du gouvernement chinois la séquence du virus, puis le NIH et nos équipes l'ont analysé pour bien comprendre les structures de protéines de ce virus, qui sont différentes d'autres virus. Nos équipes sur notre site industriel près de Boston sont en train de fabriquer le vaccin en ce moment et dès qu'il sera finalisé, il sera envoyé au NIH à Washington qui va faire l'étude clinique de phase 1 (sur quelques personnes saines, pour évaluer la tolérance à un nouveau médicament, NDLR).

Q: Est-ce que ce vaccin arrivera dans les temps pour répondre à l'épidémie?

R: Le vaccin va devoir faire plusieurs essais cliniques. Le défi, c'est qu'il peut être donné rapidement à des millions de personnes. Donc il y a des responsabilités de sécurité très importantes. Aucun fabricant n'est capable, même en allant très vite comme avec la technologie de l'ARN messager, d'avoir un vaccin prêt pour l'été, ou même pour l'automne.

La seule réponse qui existe aujourd'hui, ce sont des actions de santé publique: essayer de contenir le plus possible la transmission d'homme à homme.

Je pense que le gros défi de santé publique sera pour l'hiver de l'hémisphère sud. Et le risque est que cela revienne dans l'hémisphère nord cet automne. Il est très dur de prédire aujourd'hui si la situation va être grave à l'automne ou si le virus aura disparu.

Mais l'un des avantages d'amener un vaccin sur le coronavirus jusqu'à l'approbation, c'est que si un jour il y a une mutation d'un autre virus, il sera possible d'avoir un produit disponible rapidement.

Q: Est-ce risqué pour une "biotech" de se lancer sur un tel projet?

R: Il y a le risque que le produit ne marche pas, car la biologie est compliquée. Il y a aussi le risque qu'une autre solution soit trouvée avant nous et qu'elle devienne le produit phare que tout le monde prescrit. C'est pour cela que des partenariats avec CEPI sont très importants. CEPI nous donne les fonds qui nous permettent de fabriquer ce premier lot de vaccins pour le NIH. Cela nous enlève une grosse épine du pied.

L'idée de CEPI, c'est qu'il faut arriver à une approbation réglementaire pour une dizaine de vaccins, sur des virus style Zika ou coronavirus, parce que ces virus sont de très grands risques pour la population humaine. Il faut des vaccins approuvés, de façon à ce que s'il y a mutation de cette même famille de virus, en quelques mois on puisse avoir des vaccins en grandes quantités.

lem/soe/LyS

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