Le gouvernement fait miroiter une aide financière aux territoires qui auraient le plus investi dans le tri de déchets, afin d'accélérer l'instauration d'une consigne sur les bouteilles plastiques, à laquelle les collectivités sont fortement opposées.
"Nous allons notamment proposer aux collectivités de lancer des diagnostics de performance territoriale en matière de collecte et de tri, avec des bonus pour financer les surcoûts que connaissent les collectivités les plus performantes" a déclaré le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre dans un entretien à La Tribune dimanche.
Le ministre doit recevoir les élus locaux lundi pour faire le point sur la consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique, dossier bloqué depuis des mois par l'opposition des collectivités locales.
Cette consigne directe serait effectuée via des machines installées en masse dans les supermarchés. Et les collectivités craignent de perdre les recettes qu'elles tirent de la revente du plastique à recycler jeté dans les poubelles jaunes.
Le plastique usagé a une valeur marchande élevée. Or les machines seraient installées directement soit par le secteur de la plasturgie, soit par celui de l'agroalimentaire et les grands producteurs de boissons en bouteille plastique.
Jusqu'à présent, la revente du plastique en ballot trié (bouteilles compactées, pots de yaourt, barquettes...) ou de l'aluminium (cannettes de boisson) permet aux collectivités de financer en partie leurs opérations de collecte et de traitement des déchets.
Mardi, les collectivités ont même prévenu que la mise en place de la consigne de la bouteille plastique entrainerait une hausse importante de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) perçue auprès des ménages, afin d'équilibrer leurs budgets.
"Demain, si on a moins de recettes via notre centre de tri, nous serons obligés d'augmenter fortement, je dis bien fortement, peut-être près de 20%, la TEOM", avertissait le président de l'association de collectivités Amorce, Gilles Vincent.
Le ministre est impatient de régler un autre problème, celui de l'amende payée chaque année par la France à l'Union européenne en raison du retard pris par le pays sur ses objectifs de recyclage du plastique.
"Le statu quo n'est plus possible", estime le ministre délégué dans La Tribune. "La France, et donc les contribuables, s'acquitte chaque année d'une contribution de 1,5 milliard d'euros au budget de l'Union européenne en raison de nos mauvaises performances".
"Il faut donc regarder l'ensemble des leviers possibles, dont la consigne plastique pour recyclage, pour atteindre nos objectifs (...) Nous ne recyclons que 26% des emballages plastiques que nous consommons alors que nous devrions être à 50%", puis 55% en 2030, souligne-t-il.