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Consigne des bouteilles plastiques: "sérieuses réserves" des industriels du recyclage

Le président de la Fnade, la fédération des entreprises du recyclage et du traitement des déchets, Philippe Maillard, a exprimé jeudi de "sérieuses réserves sur le coût associé" à la mise en place annoncée par le gouvernement d'une consigne des bouteilles plastiques et canettes.

"On va changer un dispositif alors qu'on est en phase de transition, pour plusieurs dizaines ou centaines de millions d'euros, sans que ce soit étudié, sans qu'on fasse d'étude d'impact", a déclaré M. Maillard à la presse, en marge du congrès de la Fnade (Fédération nationale des activités de la dépollution et de l'environnement).

La secrétaire d'Etat à la transition écologique Brune Poirson a installé le 19 juin un comité de pilotage visant à mettre en oeuvre un système de consigne pour améliorer la collecte des emballages (verre, aluminium et plastique) usagés en France.

M. Maillard a souligné que les collectivités et les acteurs privés ont engagé la modernisation des centres de tri pour améliorer notamment le recyclage des plastiques et pour répondre à l'extension des consignes de tri, déjà en cours de déploiement.

"Et là, on dit +il y a une recette miracle qui s'appelle la consigne+", a-t-il lancé.

"Où sont les études d'impact pour expliquer le coût de transition et le coût de fonctionnement" du futur système de consigne ? s'est-il interrogé.

"Et accessoirement qui va payer", entre les metteurs sur le marché, les collectivités et les opérateurs ?, a ajouté M. Maillard, également directeur général délégué France du géant mondial du traitement de l'eau et des déchets Suez.

Il a estimé que la consigne pourrait concerner de 150.000 à 200.000 tonnes sur les quelque 500.000 tonnes de bouteilles et flacons mis sur le marché.

Concernant le futur projet de loi sur l'économie circulaire, M. Maillard a salué "les avancées sur le recyclage" et le développement de l'utilisation de matières recyclées.

Mais il s'est dit "très déçu" sur la partie concernant les filières REP (responsabilité élargie du producteur), qui organisent la collecte par familles de déchets.

La Fnade ne conteste pas le développement des REP, mais juge "pas normal" que les opérateurs de recyclage ne participent pas à la gouvernance des REP.

Enfin, le président de la Fnade a demandé la prise en compte de l'importance des déchets industriels qui représentent le double des déchets ménagers: 60 millions de tonnes contre 30 millions de tonnes.

"C'est normal de s'occuper des mégots, des plastiques à usage unique ou de travailler à récupérer les bouteilles qui ne sont pas dans les circuits de recyclage", a déclaré M. Maillard. "Mais ils ne pèsent pas grand chose (...) sur les 8 millions de tonnes qui doivent quitter les décharges d'ici 2025", a-t-il poursuivi.

"Le volet industriel, la composante forte (...) n'est pas du tout évoquée" et "on ne parle pas du tout de la filière CSR" (combustibles solides de récupération), a-t-il regretté.

sbo/fka/eb

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