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Congrès de la FNSEA: 75 ans et des idées pour la France

Le premier syndicat agricole français FNSEA va présenter une organisation rénovée et de premières propositions en vue de la présidentielle, lors de son congrès annuel de mardi à jeudi à Niort, dans les Deux-Sèvres.

"On veut ouvrir les portes et les fenêtres pour accueillir de nouveaux profils", a déclaré à l'AFP la présidente Christiane Lambert, en amont du rassemblement qui se tiendra à huis clos jusqu'à mercredi en fin d'après-midi.

En 75 ans d'existence, le syndicat d'exploitants agricoles "a beaucoup changé mais on reste parfois présentés comme des méchants productivistes", regrette-t-elle.

Largement impliqué dans l'élaboration des politiques agricoles, le syndicat majoritaire (212.000 adhérents revendiqués) a été fondé en 1946, au sein d'une société française marquée par les pénuries alimentaires d'après-guerre. L'organisation se voit régulièrement reprocher d'avoir entraîné les agriculteurs dans une course aux rendements qui a épuisé les hommes et les sols.

Aujourd'hui, le syndicat martèle que les agriculteurs sont des "écologistes experts", inquiets du changement climatique et désireux d'agir.

La FNSEA dévoilera jeudi sa "raison d'être", censée résumer le projet de long terme dans lequel s'engage l'organisation, une pratique répandue dans le monde de l'entreprise.

Le syndicat entend renforcer son travail de proximité: des personnels basés à Paris seront détachés "en régions en appui des équipes départementales et régionales", explique Mme Lambert, qui veut reconquérir des adhérents et séduire de nouvelles recrues militantes.

- Pour des "ruralités vivantes" -

Le congrès sera aussi l'occasion de se faire entendre à quelques mois des élections présidentielle et législatives.

La FNSEA, qui fera plus tard des propositions concernant la seule agriculture, va diffuser un "manifeste pour des ruralités vivantes", signé avec d'autres organisations, et destiné à soutenir l'entrepreneuriat et l'emploi locaux.

Autre actualité politique: le congrès se déroule en plein examen au Sénat de la proposition de loi de la majorité "Egalim 2" qui doit "protéger la rémunération des agriculteurs".

Si la FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs saluent des "avancées intéressantes", ils voudraient que les entreprises ne puissent plus "afficher un drapeau français alors que le produit en question est fabriqué à partir de matières premières agricoles importées".

A la rentrée, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a assuré qu'il serait obligatoire de mentionner l'origine des viandes porcines, ovines et de volaille (et non plus seulement bovines) dans les cantines "le plus rapidement possible en 2022". Une revendication de longue date des agriculteurs.

Surtout, le président Emmanuel Macron a annoncé le 10 septembre une refonte du système d'assurance contre les aléas climatiques. Le budget public dédié à l'indemnisation des pertes de récoltes et à la subvention des assurances des agriculteurs doit doubler, pour passer à environ 600 millions d'euros par an.

Cette réforme s'apparente à la création d'une forme de "régime universel d'indemnisation du risque climatique", dit-on au cabinet du ministre de l'Agriculture.

M. Denormandie, qui doit s'exprimer jeudi en clôture du congrès, devrait ainsi échapper au sort de son prédécesseur Stéphane Travert en 2018.

Mme Lambert avait effectué, en sa présence, une critique en règle du discours qu'il venait de prononcer, évoquant notamment une "renonciation" sur ce sujet de l'assurance climat.

L'an passé, la FNSEA avait renoncé à tenir son congrès annuel en raison de la crise sanitaire. Ce congrès avait reporté à mars 2021 avant d'être repoussé une nouvelle fois.

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