Le ministre chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité, Nicolas Forissier, a présenté vendredi à l'Élysée une série de mesures de renforcement de la politique commerciale française et européenne, et notamment des objectifs chiffrés d'exportations pour la France, a indiqué son cabinet.
Notant "un contexte de bascule historique du commerce mondial", M. Forissier a considéré, selon son cabinet, que "nous ne pouvons plus être des herbivores commerciaux dans un monde de carnivores".
"La France fait le choix de la protection, de la sécurité économique et de la conquête de l'international", a-t-il indiqué, de même source.
Il a ainsi fixé à 650 milliards d'euros l'objectif des exportations en 2027 - contre environ 600 milliards en 2024, dernière année connue - et 700 milliards en 2030, en allant à "la conquête de zones à fort potentiel", comme l'Amérique latine, l'Asie du Sud et du Sud-est, les Balkans occidentaux, l'Asie centrale et l'Afrique.
Le ministre a notamment annoncé un renforcement de l'agenda européen de protection commerciale, "dans une logique de sortie de la naïveté". Un plan d'action en la matière sera présenté d'ici à la fin du premier semestre.
La France va également soutenir la candidature de Lille pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, tout en luttant "contre l'afflux massif de petits colis non conformes", avec l'instauration d'une taxe forfaitaire européenne de trois euros par matricule, et la mise en place de frais de gestion européens de quatre euros par article au 1er novembre prochain.
Pour renforcer la souveraineté des approvisionnements, M. Forissier a évoqué aussi la création d'un centre européen de stocks stratégiques, la mise en oeuvre de trois milliards d'euros pour des projets d'extraction et de transformation minières, et un renforcement de la diplomatie française des métaux, "priorité qui sera portée au plus haut niveau lors de la présidence française du G7".
M. Forissier a enfin annoncé "une refonte de l'action publique" en matière d'accompagnement des entreprises à l'international, marquée notamment par un renforcement du soutien à la participation aux salons internationaux, et à la nomination de quatre envoyés spéciaux pour la diplomatie économie, dans les secteurs de l'agriculture et de l'agroalimentaire, de l'énergie, de la santé et de la ville durable.