Le Réseau Action Climat préconise de privilégier les touristes français et européens afin de réduire l'impact climatique du secteur.
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Climat

Réseau Action Climat appelle à privilégier les touristes français et européens

Miser sur les touristes français et européens et mieux préserver le territoire: dans un rapport publié mardi, Réseau Action Climat plaide pour une révision de la stratégie touristique de la France.

Le collectif d'ONG déplore l'impact climatique et social d'une stratégie visant à attirer les clientèles lointaines, qui ne bénéficie qu'à certains territoires comme l'Ile-de-France et la Côte d'Azur, affirme-t-il.

Cette concentration géographique exerce une pression sur le foncier et alimente directement la hausse du prix des loyers, ajoute Réseau Action Climat, tandis qu'à l'inverse les visiteurs originaires de France ou de pays européens tendent à découvrir le territoire dans son ensemble, selon le rapport.

Pression immobilière et saturation des territoires

Selon le ministère du Tourisme, la France a accueilli l'an dernier 102 millions de visiteurs, pour 77,5 milliards d'euros de recettes internationales, un record. Mais, pour l'association, cette croissance a pour corollaire une fréquentation touristique "qui dégrade le cadre de vie des habitants" dans certaines destinations.

À titre d'exemple, le port de Marseille concentre à lui seul 48% des croisiéristes faisant escale en France, indique le rapport. Or les bateaux de croisière, qui utilisent encore très majoritairement des carburants fossiles, "aggravent la pollution de l'air dans les villes escales", souligne-t-il.

Hausse des prix et éviction des résidents locaux

Par ailleurs, le rapport estime que les gouvernements successifs ont favorisé une montée en gamme de l'offre touristique, notamment hôtelière. Ce phénomène s'est accompagné d'une internationalisation de la clientèle hôtelière "au détriment d'une clientèle résidente", dit-il. Dans le même temps, les prix des hébergements touristiques ont augmenté près de deux fois plus vite que l'inflation en 20 ans, affirme Réseau Action Climat.

"Sans que cela soit intentionnel, cette stratégie éloigne une partie des résidents français, qui arbitrent pour des vacances à l'étranger devenues comparativement moins chères", déplore le collectif.

Des préconisations axées sur le tourisme de proximité

"Le tourisme de proximité est, de loin, le premier pilier de l'économie touristique française, et celui qui contribue le moins au réchauffement climatique", affirme Réseau Action Climat, qui formule plusieurs recommandations pour recentrer la stratégie sur l'accueil des touristes de proximité.

Parmi ses recommandations, Réseau Action Climat préconise de développer les vacances des Français en France, notamment via la création d'un fonds national de soutien au départ en vacances. Il propose également de réorienter les campagnes de promotion touristique vers les clientèles internationales de proximité, en ciblant en priorité les pays européens proches.

Avec AFP