Face à l'aggravation des impacts du réchauffement climatique, les pays en développement auront besoin de 305 milliards de dollars par an d'ici 2035, soit près de 10 fois le montant qu'ils reçoivent actuellement des nations riches, indique mercredi un rapport de l'ONU.
Le financement climatique, et de l'adaptation, sera un sujet brûlant de la COP31, la conférence des Nations unies sur le climat, qui démarre lundi à Antalya (Turquie).
Il vise à protéger les pays face à un climat en mutation, par des mesures allant de la construction de digues à la culture de variétés résistantes à la sécheresse ou au renforcement de la résilience des habitations.
Mais en 2024, ces financements n'ont progressé que d'environ un milliard de dollars, pour atteindre entre 28,2 et 31,7 milliards de dollars, selon le rapport 2026 du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).
Un montant inférieur à l'objectif fixé à la COP26 de Glasgow, qui prévoyait de doubler les financements publics internationaux consacrés à l'adaptation entre 2019 et 2025, pour les porter à 40 milliards de dollars.
Alors que 2026 a été "un rappel brutal" du fait que les désastres liés au réchauffement de la planète n'épargnent personne, les pays en développement auront besoin d'environ 305 milliards de dollars par an d'ici 2035 pour s'adapter, estime le PNUE.
Le "déficit" est "ahurissant. Pour chaque dollar dont les pays en développement ont besoin pour s'adapter, ils n'en reçoivent que 10 cents", a réagi le secrétaire général, Antonio Guterres dans un message vidéo.
Et cet écart se mesure également "en vies humaines, en moyens de subsistance et en avenirs perdus", a-t-il ajouté.
"Le monde n'est pas prêt à s'adapter aux conditions climatiques actuelles, et encore moins à celles qui résulteront d'un dépassement du seuil de 1,5 °C", déclare dans un communiqué Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.
Elle appelle les États à intensifier leurs efforts lors de la COP31 pour concrétiser l'objectif adopté l'an dernier de tripler les financements de l'adaptation d'ici 2035.
Mais, même atteint, "une fois ajusté à l'inflation, ce triplement ne couvrirait que 20 à 29% des besoins en financement de l'adaptation en 2035", souligne le rapport.
"Ce qui fait défaut, ce sont les financements - et la volonté politique. Le choix est simple : investir dans l'adaptation aujourd'hui, ou payer le prix de la catastrophe demain", souligne aussi M. Guterres.