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Climat: forages en Russie pour conserver des échantillons de glaciers

Des carottes de glace seront prélevées ce printemps sur deux glaciers russes, ont indiqué lundi les porteurs du projet scientifique Ice Memory, qui vise à sauvegarder des échantillons de glaciers du monde entier menacés de disparition par le réchauffement.

De premières "carottes-patrimoine", à forte valeur scientifique, avaient déjà été prélevées en 2016 sur le glacier du col du Dôme (Alpes françaises) et en 2017 sur le glacier de l'Illimani (Bolivie). Cette année deux expéditions sont prévues en Russie.

La première est en cours jusqu'au 16 juin sur le glacier Belukha, dans l'Altaï, coordonnée par des scientifiques de l'Institut Paul Scherrer (Suisse), qui se trouvent actuellement au pied du massif. Deux carottes de 150 m de long doivent être extraites.

Devant la hausse des températures estivales, "il y a urgence à collecter de nouvelles carottes" sur ce glacier, soulignent les chercheurs. Cette région les intéresse pour le caractère continental du climat et sa position à la limite entre forêts sibériennes et régions arides d'Asie centrale, expliquent-ils.

En juin et juillet, une opération similaire se tiendra à 5100 m, sur le glacier de l'Elbrouz (Caucase), le plus grand massif volcanique européen recouvert de glace, sous la houlette de chercheurs de l'Institut de géographie de Moscou.

Les données issues de l'Elbrouz peuvent permettre de reconstituer les conditions climatiques passées non seulement dans le Caucase mais aussi pour l'Europe de l'Est et de l'Ouest, du sud de la Russie et du Moyen-Orient. Objectif: deux carottes de 240 m.

A chaque fois, une carotte sera analysée, et l'autre confiée au stockage international du projet Ice Memory, premier sanctuaire dédié aux glaciers menacés par le réchauffement.

Les initiateurs d'Ice Memory, porté par la Fondation Université Grenoble Alpes et des partenaires académiques (CNRS, IRD, IPEV, Conseil national de la recherche italien, Institut Paul Scherrer, etc) souhaitent installer cette "banque" en Antarctique, dans une cave à construire près de la base franco-italienne de Concordia, et en faire la "propriété de l'humanité", à usage des scientifiques de demain.

Le projet doit encore être évalué par les parties consultatives au Traité de l'Antarctique. En attendant, les carottes, découpées en morceaux de 1 m, sont confiées à l'Institut des géosciences de l'environnement de Grenoble.

Le consortium, qui veut fédérer la communauté internationale des glaciologues, envisage une vingtaine de forages sur différents glaciers dans la décennie à venir.

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