Cinéma: le documentaire israélien "NAZA" fait le plein dans les salles

Le documentaire israélien "NAZA", qui dispose d'un visa exceptionnel de 500 séances dans les cinémas français lundi et mardi avant une sortie en streaming gratuit en novembre, suscite l'engouement des spectateurs et a pris la tête du box-office lundi.

Devant le cinéma MK2 Beaubourg à Paris, toutes les séances du jour affichent complet mardi, comme à peu près partout où le film est projeté.

D'après MK2, distributeur de "NAZA", le documentaire qui accuse l'armée israélienne de tuer sciemment de nombreux civils à Gaza, a enregistré 40.000 entrées lundi, soit une moyenne de 200 spectateurs par séance. Lundi, c'était le film le plus vu au cinéma en France.

Face à l'engouement, MK2 a décidé de rajouter quelques séances. "C'est un beau résultat", observe Éric Marti directeur général de Rentrak France, qui analyse le box-office.

"Après, 40.000 entrées ce n'est pas exceptionnel", ajoute-t-il, comparant ce visa exceptionnel à celui de "Kaizen", le film du youtubeur Inoxtag, qui avait attiré plus de 300.000 spectateurs en une journée en septembre 2024 avant sa mise en ligne gratuite sur YouTube.

À la sortie du MK2 Beaubourg à Paris, où certains spectateurs ont assisté à la projection de 11h00 assis par terre selon une spectatrice, le public paraissait sonné.

"Une phrase qui m'a marquée, c'est quand un militaire dit: +les Nazis sont le mal incarné, et moi, je suis quoi?+", raconte à l'AFP Linda Temin à la sortie du film.

"Mon grand-père était juif, donc je devrais plutôt être de l'autre côté, et le 7 octobre c'est une horreur, mais ce qu'ils (les militaires israéliens) font-là, c'est une horreur aussi", plaide-t-elle.

Le film des journalistes d'investigation israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor donne la parole à 24 militaires et membres des services de renseignement israéliens, tous anonymes, décrivant la façon dont, d'après eux, l'armée israélienne tue de façon systématique de nombreux civils dans la bande de Gaza.

"NAZA" est l'acronyme militaire israélien désignant les "dommages collatéraux" estimés avant chaque frappe, selon le documentaire. Les réalisateurs dénoncent aussi le processus de déshumanisation des Palestiniens, à l'oeuvre pour justifier la mort de civils innocents.

"Les témoignages sont effarants. (...) J'imagine que les logiques françaises, pendant la guerre d'Algérie, étaient certainement proches de celles-là", témoigne Alain Smery devant le cinéma.

À la fin de la séance, "j'ai entendu pas mal de gens pleurer, c'était très silencieux (...). On n'osait pas trop se regarder", raconte pour sa part Léonie Cusset, étudiante, qui a trouvé le visionnage "très dur".