Chouette ! Le Petit Nicolas revient et se fait des copines

Le Petit Nicolas revient faire rire les lecteurs, jeunes et moins jeunes, avec de nouvelles aventures co-écrites par la fille de René Goscinny, le créateur avec Jean-Jacques Sempé de ce héros emblématique des années 1960.

L'album "Le Petit Nicolas, je reviens !", qui sort le 8 octobre, fait revivre le garçon de 8 ans et sa bande de "chouettes copains" : Alceste, Clotaire, Eudes et Geoffroy, toujours prêts aux rigolades et aux bêtises.

Mais, surprise !, les voilà qui doivent cohabiter dans la classe et la cour de récré avec des filles, mixité oblige. Bien plus malignes, Marie-Edwige, Zélie, Bertille, Carmen-Esmeralda, les jumelles Corine et Carine, leur mènent la vie dure.

La découverte de l'école mixte est la première des 12 histoires courtes du nouveau recueil, qui se veut fidèle aux 222 aventures écrites par Goscinny et dessinées par Sempé entre 1956 et 1964.

Sorte d'"icône nationale", Le Petit Nicolas a connu un immense succès en racontant à hauteur d'enfants la vie quotidienne des écoliers de la France des Trente Glorieuses.

Aujourd'hui, "les parents et grand-parents se souviennent avec nostalgie de lui et les enfants se reconnaissent dans son univers", souligne Aymar du Châtenet, le patron d'Imav, la maison d'édition du Petit Nicolas.

Le faire revivre est "un exercice amusant mais aussi périlleux parce que nous sommes attendus au tournant", confie à l'AFP Anne Goscinny, écrivaine et ayant droit de son père, qui a écrit le recueil avec Jean-Philippe Arrou-Vignod, auteur de plusieurs albums jeunesse.

Les histoires sont illustrées par Fursy Teyssier, "très heureux et fier" de succéder à Sempé.

- "remède à l'anxiété" -

"Le Petit Nicolas, c'est un univers tendre et bienveillant, qui donne le sourire. Bref, un excellent remède à l'anxiété actuelle", résume le dessinateur de 41 ans.

Les auteurs se sont autorisés à transposer ses aventures au début des années 1970, et non plus 1960, car ils voulaient que l'école soit mixte mais aussi que la mère du Petit Nicolas travaille et aspire à l'émancipation post-1968.

Les deux écrivains ont cherché à respecter le plus fidèlement possible le vocabulaire de René Goscinny. Ils ont ainsi enregistré les 222 histoires dans un moteur de recherche pour s'assurer que les mots qu'ils choisissaient avaient bien été utilisés dans la version initiale.

"Nous avons ainsi découvert que le mot 'super', que tout le monde utilise, était totalement absent du champ lexical de mon père", explique Anne Goscinny. Il a donc été remplacé par des synonymes, comme le fameux 'c'est chouette', emblématique du Petit Nicolas.

De son côté, Fursy Teyssier a trouvé "vachement difficile" d'adopter le trait de Sempé car "sa simplicité apparente cache une véritable complexité, notamment pour donner vie aux expressions et aux mouvements des enfants".

Le Petit Nicolas avait pris son essor en 1959 dans l'édition du dimanche de Sud-Ouest, le quotidien basé à Bordeaux. La série a ensuite été éditée en recueils, vendus à environ 20 millions d'exemplaires dans le monde, où il est traduit en une quarantaine de langues et idiomes. Il a été très populaire dans les pays d'Europe de l'Est, en particulier la Pologne.

En 1964, malgré le succès, René Goscinny avait décidé d'arrêter ses aventures, se concentrant sur Astérix, Lucky Luke ou Iznogoud, trois séries qui se sont poursuivies après son décès en 1977.

Des épisodes inédits du Petit Nicolas ont ensuite été édités dans les années 2000 tandis que quatre films, dont un d'animation, et deux séries télévisées contribuaient à perpétuer la popularité du jeune héros.

Selon Goscinny et Sempé, "Le Petit Nicolas est indémodable car, lorsque nous l'avons créé, il était déjà démodé".