Les modalités de financement du plan renforcé d'adaptation au changement climatique, attendu fin septembre, sont encore en discussion et la possibilité de relever le plafond du livret A n'est qu'une "option" à ce stade, a indiqué jeudi l'entourage de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu l'avait chargée fin juillet de lui présenter de nouvelles mesures pour "accélérer" la mise en oeuvre du plan national d'adaptation au changement climatique, après la succession de canicules et d'incendies qui ont frappé la France.
"La ministre souhaite rendre un rapport au Premier ministre au 30 septembre", a indiqué son cabinet lors d'un échange avec des journalistes.
Ce travail mobilise actuellement de nombreux ministères sur des thèmes variés - risques naturels, entreprises, agriculture, eau... - afin de "mieux se préparer pour l'été prochain" et "accélérer plus globalement notre action d'adaptation".
Monique Barbut entend présenter un plan de financement sur cinq ans, qu'elle a proposé de financer par un relèvement du plafond du Livret A, permettant en théorie de dégager quelque 10 milliards d'euros par an.
Mais cette proposition, qui suscite l'opposition du lobby bancaire, n'est à ce stade qu'une "piste" ou "une option", et "des discussions sont encore en cours", a relativisé jeudi l'entourage de la ministre.
Le préalable sera un chiffrage des besoins de financement pour l'adaptation, notamment ceux en prêts provenant du Fonds d'épargne, géré par la Caisse des dépôts.
Si le montant visé "peut être dégagé par les ressources existantes ou qui arrivent par la collecte actuelle sur les Livrets A et LDDS, sur l'épargne réglementée, on n'a pas de raison de relever le plafond", a jugé l'entourage de la ministre. Dans le cas contraire, la question "se posera", a-t-on ajouté.
Concernant l'agriculture, la discussion sur l'adaptation est organisée par l'établissement public FranceAgriMer.
"Globalement, les échanges ont été plutôt bons", a assuré le cabinet de Monique Barbut, qui a failli démissionner en raison de l'adoption de la loi d'urgence agricole cet été.
Ces discussions portent sur la possibilité de développer des stockages d'eau, "mais de façon concertée", l'évolution de la production agricole ou des changements de pratiques pour favoriser la retenue de l'eau dans les sols et éviter les ruissellements, selon cette source.