Les dates des vendanges par commune dans toute l'appellation champagne ont été publiées mercredi, avec une nouvelle précocité record, due aux successions d'épisodes de forte chaleur.
Cette publication du "ban" des vendanges, la date avant laquelle il est interdit de récolter le raisin sauf dérogations, est "la plus précoce" jamais observée, souligne David Chatillon, coprésident du Comité Champagne, l'organisme interprofessionnel de la filière.
La chaleur record enregistrée depuis le début de l'année 2026 a "bien sûr" contribué à accélérer le processus de maturation des cépages, selon lui.
Quelques communes de l'Aube, habituées à obtenir des dérogations pour donner les premiers coups de sécateurs plus tôt que dans le reste de l'appellation champagne, ont même commencé dès la semaine dernière, du jamais vu.
Depuis les années 1980, les dates de vendanges en France avancent toujours davantage dans le calendrier, un marqueur net du réchauffement climatique. En Champagne, c'est environ deux semaines plus tôt qu'il y a vingt ans.
"Sur cinq ans, ça fait déjà trois fois qu'on {commence] les vendanges en août", a expliqué à l'AFP David Gaudinat, vigneron et administrateur au Syndicat général des vignerons de la Champagne.
Si les vignobles sont affectés différemment selon les régions françaises, "la qualité s'annonce bonne" pour le champagne, estime mercredi David Chatillon.
Les quotas commercialisables ont cependant été revus à la baisse pour la quatrième année de suite, face à l'incertitude économique mondiale et aux aléas climatiques récurrents.
Les vignerons et maisons de Champagne ont fixé à 8.800 kilos par hectare le rendement commercialisable de la vendange 2026, contre 9.000 kilos en 2025, et 10.000 en 2024.
Par ailleurs, dans un arrêté publié mercredi au Journal officiel, le ministère de l'Agriculture autorise exceptionnellement cette année les producteurs de champagne à recourir à des achats allant jusqu'à 15% de vendanges, de moûts ou de vins, contre 5% habituellement.
La filière avait fait cette demande face à des épisodes de gel au printemps, qui avaient détruit près de 40% des bourgeons du vignoble champenois, l'une des pires destructions du genre, après celle de l'année 2003.
La sécheresse est également en cause. "Le manque d'eau fait que les grappes ne sont pas gonflées comme habituellement, elles pèsent moins lourd", précise M. Chatillon.