Chaleur: l'alcool, un faux soulagement et un vrai risque

Fête de la musique, Coupe du monde de foot... Alors qu'une nouvelle vague de chaleur gagne la France, plusieurs événements risquent de favoriser la consommation d'alcool. Mais l'alcool est particulièrement déconseillé en cas de fortes températures, malgré l'apparent soulagement qu'il peut apporter.

"Attention à votre consommation d'alcool! En période de fortes chaleurs, l'alcool accentue le risque de malaise et de déshydratation: limitez votre consommation et contactez les secours dès les premiers signes d'alerte", a ainsi averti le ministère de la Santé, sur Facebook, lors de l'épisode de chaleurs précoces de fin mai dans l'Hexagone.

Car "l'alcool ne nous rafraîchit pas plus qu'il ne nous réchauffe en hiver", résume l'Inserm dans une note sur les risques associés à l'alcool et la chaleur. "Il trompe. Il affaiblit. Et il met en danger."

La chaleur, pourtant, peut inciter à la consommation de boissons alcoolisées réputées pour leur fraîcheur - bière, vin blanc, mojito... -. Et d'autant plus dans un contexte d'événements festifs et sportifs: la Fête de la musique aura lieu dimanche, au moment où les températures pourraient atteindre un pic, et les matchs de la Coupe de monde de football s'enchaînent chaque jour.

Mais l'alcool, au-delà de ses risques intrinsèques pour la santé, a des effets particulièrement nuisibles sur l'organisme en cas de fortes températures.

D'abord, il a un effet diurétique et favorise donc la déshydratation, au moment même où le corps a besoin d'être fortement hydraté pour se refroidir via la transpiration, entre autres.

Deuxièmement, l'alcool perturbe notre régulation thermique. "Concrètement, le thermostat interne du corps ne réagit plus correctement aux signaux de surchauffe, notre organisme ne sait plus quand il faut transpirer et dilater nos vaisseaux sanguins", explique l'Inserm.

Enfin, l'alcool rend moins sensible à d'éventuels signaux d'alerte. Faute de ressentir la soif assez tôt, le consommateur peut s'hydrater insuffisamment, au risque d'un coup de chaleur.

Il y a "une augmentation des admissions aux urgences pour intoxications liées à la consommation d'alcool durant les vagues de chaleur", constatent les hôpitaux de Genève (HUG) sur leur site internet.

Mais les risques ne se résument pas à ces effets directement physiologiques. L'alcool abaisse aussi la vigilance, déjà mise à mal par la fatigue liée à la chaleur.

C'est notamment le cas pour les noyades, dont les cas augmentent à chaque épisode caniculaire. Les autorités sanitaires rappellent régulièrement de ne pas consommer d'alcool quand on va se baigner.

"La consommation d'alcool altère le jugement et augmente la prise de risque, dilate les vaisseaux sanguins occasionnant un risque d'hypothermie (et) diminue la réactivité des voies respiratoires diminuant les chances de survie dans l'eau", résume l'agence Santé publique France dans une page sur les noyades.