Carrefour va expérimenter dès lundi l'affichage du coût environnemental sur près de 70 vêtements de sa marque Tex, avant de l'étendre à "l'ensemble de ses collections textiles", a annoncé lundi le distributeur.
Il se revendique comme le "premier" du secteur à déployer cet éco-score facultatif, d'après un communiqué.
"Cette première étape" s'inscrit dans le cadre du déploiement "de l'affichage environnemental porté par le gouvernement", destiné à devenir un "nouveau repère" dans l'habillement, au même titre que le nutri-score dans l'alimentation, a précisé Carrefour.
Entré en vigueur en octobre sur la base du volontariat des marques, cet éco-score, chiffré en points, doit aider les consommateurs à choisir les produits les plus vertueux.
Il prend en compte divers paramètres: consommation en eau, émissions de gaz à effet de serre, toxicité, possibilités de recyclage ou réparation, rejet pendant le lavage de fibres microplastiques ou encore "coefficient de fast fashion" dépendant notamment des volumes de production.
Plus le chiffre est élevé, plus l'impact environnemental est important.
Ainsi, "un tee-shirt Tex en coton bio obtient un résultat de 510 points d'impact (pour 100g)", contre plus de 1.000 points (pour 100g) pour "celui d'une marque de fast fashion" à "prix équivalent (non bio)", illustre Carrefour, revendiquant un "coût environnemental moyen" de 542,91 points (pour 100g) pour l'ensemble de ses vêtements évalués à ce jour.
Les marques peuvent mentionner leurs résultats directement sur l'étiquette des produits ou via un QR code ou encore sur leur site internet.
De son côté, Carrefour a choisi "de tester un mode d'affichage via l'application Clear Fashion".
Les clients pourront ainsi scanner le code barre sur l'étiquette des habits concernés pour connaître leur éco-score, qui sera accompagné d'une note sur 100, calculée en parallèle par Clear Fashion selon ses propres critères environnementaux et sociaux.
A l'issue de l'expérimentation, Carrefour décidera "des outils les plus adaptés" pour généraliser le dispositif.
"C'est très bien, il faut que les entreprises commencent à se saisir de cette question", a salué auprès de l'AFP Valeria Rodriguez, directrice du pôle plaidoyer de l'association Max Havelaar France. Mais les autorités doivent rendre cet éco-score "obligatoire" et y intégrer des "critères sociaux", selon elle.
Prévu dans la loi Climat et Résilience (2021), le dispositif devait l'être dès 2024, mais n'est finalement que volontaire, afin de laisser l'Union européenne boucler ses travaux sur l'élaboration d'un futur affichage environnemental obligatoire.
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