Une majorité de logements sont adaptables aux vagues de chaleur grâce à des "actions simples" comme la pose de volets, l'isolation des toitures et l'installation de brasseurs d'air, tout en limitant le recours à la climatisation, relève jeudi le collectif "Nos villes à 50°C".
Un an après sa création, le collectif, qui regroupe des bailleurs sociaux, collectivités, promoteurs et aménageurs, a dévoilé une "doctrine opérationnelle" pour adapter les logements au réchauffement climatique, notamment grâce à des solutions passives.
Il estime que le débat public reste trop souvent enfermé dans une opposition entre partisans et adversaires de la climatisation, et propose d'identifier "les lieux où la climatisation peut être évitée, là où elle devient nécessaire, et comment en limiter le recours".
"La question n'est plus seulement de savoir s'il faut ou non climatiser mais de comprendre si un bâtiment est capable d'évacuer la chaleur qu'il accumule afin de retrouver la nuit des conditions compatibles avec le repos et la récupération", observe le collectif dans un communiqué.
Une carte de "sévérité climatique" de l'Hexagone établit trois zones distinctes en fonction des relevés de températures nocturnes en période de canicule, la bande allant de Marseille à Perpignan ainsi que Paris correspondant aux lieux où l'habitabilité d'été est la plus difficile.
Les logements situés en zone 1 et 2 "deviennent habitables" en généralisant la pose d'occultants, les brasseurs d'air au plafond ainsi qu'une isolation des toits.
S'appuyant sur les simulations du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) sur environ 30 millions de logements, les auteurs estiment que près de 70% des situations étudiées à l'horizon 2050 pourraient conserver des conditions d'habitabilité satisfaisantes sans recours systématique à la climatisation.
A Paris, où 75% des logements sont des bouilloires thermiques, les actions préconisées permettraient de passer "en zone 2", c'est-à-dire d'améliorer fortement le confort d'été.
Lorsque la climatisation s'avère nécessaire comme dans le sud de la France, elle doit être déployée "de manière ciblée et encadrée", selon le collectif, qui ambitionne d"'éviter une généralisation non maîtrisée de la climatisation tout en garantissant la protection des occupants lorsque celle-ci devient indispensable".