Canicule: trois réacteurs nucléaires à l'arrêt et huit à puissance réduite en France

Trois réacteurs nucléaires sont à l'arrêt, situés au bord de fleuves, et huit autres fonctionnent à puissance réduite, en raison de la chaleur qui règne sur la France dimanche, a indiqué l'exploitant EDF à l'AFP.

"À cause des conditions climatiques et pour respecter les arrêtés sur les rejets, et donc l'environnement", les réacteurs n°2 à Golfech (Tarn-et-Garonne), au bord de la Garonne, n°3 à Bugey (Ain), au bord du Rhône, et n°2 à Chooz (Ardennes), au bord de la Meuse, sont arrêtés.

Des "adaptations de puissance" touchent les réacteurs n°1 et 2 à Saint-Alban (Isère), n°1 et 3 dans la centrale du Blayais (Gironde), n°4 et 5 à Bugey, n°1 à Chooz et n°3 à Tricastin (Drôme), a détaillé l'entreprise publique.

La France compte 57 réacteurs nucléaires, assurant quelque 70% de sa production d'électricité, et tous sont installés au bord d'un fleuve ou de la mer pour permettre le refroidissement des installations.

En vue de limiter les dégâts sur les écosystèmes aquatiques provoqués par la chaleur de l'eau rejetée par les centrales, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) fixe pour chaque site des limites de température de l'eau, qui obligent EDF à abaisser dans certaines circonstances le niveau d'activité de ses centrales nucléaires. Toute vague de chaleur, comme celle qui a commencé le 4 juillet en France, aboutit donc à réduire la production d'électricité.

Samedi, le ministère de l'Économie avait publié au Journal officiel une dérogation à ces limites pour la centrale de Bugey, "afin d'assurer la sécurité du réseau électrique", jusqu'au 20 juillet.

Cette dérogation avait été réclamée par EDF en invoquant les exigences de production du gestionnaire du réseau de transport d'électricité, RTE.

L'exploitant des centrales proposait "une limite temporaire de 1°C en matière d'échauffement de l'eau du Rhône entre l'amont et l'aval de la centrale nucléaire pendant cette situation exceptionnelle, assortie d'un programme de surveillance renforcée de l'environnement en rapport avec ces rejets", selon le courrier cité par le gouvernement.