Canicule: suspension des contrôles d'exploitations agricoles pendant la vigilance rouge

Le ministère de l'Agriculture a annoncé mardi la suspension des contrôles dans les exploitations agricoles des départements concernés par une vigilance rouge canicule de Météo France, ainsi qu'une mesure sur les jachères fauchées pour prévenir les incendies.

"L'épisode caniculaire actuel, exceptionnel par sa précocité et son intensité, est particulièrement éprouvant pour le monde agricole, dont l'activité est très exposée aux effets des fortes températures", souligne le ministère dans un communiqué.

Face aux risques d'incendie, les préfets peuvent ordonner le débroussaillement y compris dans des zones de jachère, qui sont considérées comme des infrastructure agroécologiques permettant d'obtenir des aides européennes de la PAC lorsqu'elles ne sont pas fauchées.

La mesure annoncée permettra aux exploitations concernées par une obligation de faucher leurs jachères de continuer à être éligibles aux aides.

Le ministère a par ailleurs suspendu les contrôles dans les exploitations, uniquement pendant la période de vigilance rouge dans les départements concernés.

Il demande enfin aux syndicats agricoles, réunis lundi au ministère et chambres d'agriculture "d'intensifier leur accompagnement des producteurs" et de diffuser les bonnes pratiques permettant de s'adapter mieux aux fortes chaleurs.

"Un nouveau point de situation avec les organisations professionnelles agricoles sera organisé d'ici la fin de la semaine, en vue de potentielles annonces supplémentaires", ajoute le ministère.

Mais pour la Confédération paysanne, "ces trente minutes de réunion" au ministère ont "surtout mis en lumière l'irresponsabilité": "il est grand temps d'engager des politiques agricoles à la hauteur des enjeux climatiques", demande le 3e syndicat agricole dans un communiqué.

La loi d'urgence agricole en cours d'examen, "qui a pour seule boussole la compétitivité, illustre l'obsolescence des réponses apportées aux paysans", souligne l'organisation.

Pour elle, "encourager la construction de bâtiments d'élevage XXL revient aussi à prendre le risque de surmortalité accrue" et "pousser à l'accaparement de l'eau, accélérer la destruction des zones humides, c'est se priver de moyens essentiels pour renforcer la résilience de nos filières".