La députée écologiste Sandrine Rousseau a souhaité, mardi, que ses collègues déposent une motion de censure du gouvernement contre sa gestion de la canicule mais les députés écologistes ont préféré à ce stade demander une commission d'enquête sur "l'absence de politique d'adaptation" de l'exécutif.
"Un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu et qui génère autant de morts, alors il ne mérite pas de rester", a déclaré Mme Rousseau sur Sud radio.
Elle a souhaité ainsi "poser un rapport de force" avec un gouvernement qui n'a fait selon elle aucune "annonce" alors même que la France avait déjà connu un épisode caniculaire en mai.
"Sébastien Lecornu est le Premier ministre qui nous envoie le plus vers une économie et une société de guerre: il vote des budgets de 36 milliards de supplémentaire pour l'armée, il prépare les hôpitaux à une situation de guerre", a-t-elle observé.
Mais "il y a dix jours de canicule et on n'est pas en capacité de gérer, c'est vraiment de l'incompétence", a encore insisté l'élue parisienne.
"L'ensemble de la chaîne a tenu", avait déclaré la veille le Premier ministre.
"Rien n'a tenu", a rétorqué Sandrine Rousseau, évoquant "des coupures d'électricité massives", des hôpitaux "pas en capacité de gérer les afflux" ou encore "des immeubles dans lesquels il y a eu des personnes mortes".
Elle a notamment reproché au gouvernement d'avoir fait "s'effondrer tout le réseau associatif" alors que de nombreuses victimes l'ont été à domicile.
La canicule risque, selon elle, de faire "10.000 morts". De son côté, le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel estime que le bilan de 2003 (15.000 décès) ne sera pas atteint, car "on a progressé sur plein de choses", mais qu'il sera "probablement supérieur à 2025", à savoir 5.700 morts liées à la chaleur.
Interrogée en conférence de presse à l'Assemblée, la porte-parole du groupe Écologiste et Social, Léa Balage El Mariky, a déclaré que la question de la censure était "légitime", mais qu'il fallait encore que le groupe se prononce et, s'il empruntait cette voie, qu'il trouve des partenaires pour atteindre les 58 signatures nécessaires.
"Nous n'en sommes pas là (...) ce que nous souhaitons c'est d'abord une commission d'enquête", a poursuivi la députée.
"Pourquoi est ce que les administrations sont parfois incapables de protéger les personnes vulnérables ? Pourquoi est-ce que les moyens n'ont pas été mis sur l'adaptation ?", a-t-elle égrené.
Elle a annoncé que cette demande prendrait sans doute la forme d'une résolution. Il faudrait encore que ce texte soit inscrit à l'ordre du jour puis voté pour qu'une commission d'enquête voit le jour.
Mardi toujours, le patron des communistes Fabien Roussel a dénoncé sur BFMTV-RMC "des services publics tellement affaiblis" qu'ils ont "du mal à faire face".
Maire de Saint-Amand-les-Eaux, il a fustigé "une forme d'inaction de la part du gouvernement", quand bien même "cela fait des années, des décennies que les climatologues alertent" et qu'on sait qu'"il faut changer nos modes de consommation, nos modes de circulation, nos modes de production, travailler sur les logements, l'isolation des logements..."