Le premier syndicat des infirmières libérales demande mercredi au gouvernement de faire des registres communaux recensant les personnes âgées vulnérables un "véritable outil opérationnel de prévention", en permettant aux infirmières d'intervenir rapidement à leur domicile lors des épisodes caniculaires.
La Fédération nationale des infirmiers (FNI) souhaite que les infirmiers diplômés d'Etat libéraux "soient explicitement intégrés dans la chaîne d'alerte territoriale en période de vigilance orange ou rouge" pour canicule.
Depuis 2004 - suite à la canicule de 2003 qui avait fait 15.000 morts - une loi oblige les municipalités à établir et tenir à jour un registre des personnes âgées de plus de 65 ans, handicapées ou fragiles, afin de mieux leur suivre en cas de chaleurs extrêmes.
Ces registres ont longtemps fonctionné sur le principe d'inscription volontaire et restaient incomplets. Mais un décret publié samedi va permettre l'ajout automatique des bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie, de la prestation de compensation du handicap, et d'autres prestations versées par les organismes d'assurance vieillesse, soit "plus de 2 millions de personnes" selon le ministère de la Santé.
"Les outils juridiques existent désormais. Ce qu'il manque, c'est une décision politique claire pour permettre aux infirmiers libéraux d'aller vers les personnes les plus fragiles avant qu'elles ne basculent vers l'urgence ou l'hospitalisation", estime le président de la FNI, Daniel Guillerm, dans un communiqué.
La FNI réclame donc "une instruction nationale" en ce sens, "un protocole national encadrant les transmissions de données utiles, la traçabilité des interventions et le retour d'information vers les maires, CCAS (centres communaux d'action sociale) et médecins traitants", et "une reconnaissance" financière pour cette mission.
"Chaque heure perdue en pleine canicule peut aggraver l'état d'une personne âgée isolée. Les infirmiers libéraux sont présents sur tout le territoire, ils doivent pouvoir être mobilisés rapidement" pour "prévenir les déshydratations graves, éviter des hospitalisations et protéger plus efficacement" ces personnes, selon le syndicat.