Une "mauvaise habitude" par temps de canicule, dangereuse pour l'alimentation en eau potable et la sécurité des personnes : les entreprises de l'eau ont mis en garde jeudi contre le "street-pooling", ou l'ouverture sauvage des bouches à incendie pour se rafraichir.
"Les gens qui font ça ne se rendent pas compte qu'ils se mettent en danger eux-mêmes et qu'ils mettent en danger le bien public" de l'eau, a indiqué jeudi à l'AFP Jean-Pierre Hangouet de la commission scientifique et technique de la fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E).
Si le phénomène est difficilement chiffrable, "à chaque fois qu'il y a la canicule, on a une recrudescence de ces actes", a-t-il déploré.
Ces derniers jours, le département de l'Oise a été touché, entraînant une mise en garde du préfet, notamment sur les conséquences de réduction de la pression en eau pour les habitants de plusieurs communes, comme Creil, Montataire, Nogent-sur-Oise et Compiègne.
Le maire de Compiègne, Philippe Marini (LR), a déploré près de dix ouvertures sauvages de bouches à incendie, soulignant qu'une personne a été interpellée le week-end dernier en flagrant délit.
Ces ouvertures "illégales" peuvent "créer des phénomènes de coup de bélier" du fait du débit fort et soudain, "qui peuvent aller jusqu'à casser des canalisations" et donc accentuer la perte hydrique et ainsi "créer un manque d'eau localement", potentiellement problématique, s'il y a des incendies dans le secteur", a souligné M. Hangouet.
Par ailleurs, "c'est aussi un problème de sécurité pour ceux qui s'amusent, parce que quand vous avez de l'eau à huit bars de pression qui sort, vous pouvez être projeté", a indiqué le responsable de la FP2E. Il évoque également un risques "d'électrocution, si vous avez un geyser qui va à 20 mètres de hauteur" et atteint une ligne électrique.
De nombreux réseaux d'eau sont équipés de capteurs acoustiques, qui permettent de détecter les fuites et donc de localiser ces ouvertures de bouches d'incendie, a indiqué Jean-Pierre Hangouet, qui a également évoqué des capteurs mesurant la hauteur de l'eau dans les réservoirs.
Le "street-pooling" peut être sanctionné en théorie de peines de prison pouvant atteindre 5 ans et d'amendes pouvant atteindre 50.000 euros, mais les auteurs sont rarement sanctionnés, faute de flagrant délit, selon la FP2E.