Canicule: les cliniques privées proposent leur aide, mais "ont aussi besoin" des aides financières

Face à la canicule, les cliniques privées "tendent la main à l'hôpital public": elles "sont prêtes à prendre davantage de patients", mais doivent bénéficier d'une partie "équitable" des fonds débloqués pour s'adapter aux chaleurs extrêmes, a plaidé jeudi leur principal représentant.

"L'hospitalisation privée, avec ses 130 services d'urgence, ses unités de médecine, de soins de suite, est pleinement mobilisée et peut l'être davantage" comme elle l'a fait pendant la pandémie de Covid-19, a déclaré à l'AFP Lamine Gharbi, le président de la Fédération de l'hospitalisation privée, qui représente l'ensemble des cliniques françaises.

"On est sur le pont, mais on peut encore prendre plus de malades. Il ne faut pas que la régulation du 15 (le Samu-SAS, qui organise la réponse aux appels d'urgence) nous oublie. On peut aider. C'est une main tendue à l'hôpital public", a-t-il insisté.

Pour le moment, dans les services d'urgences des cliniques privées, "il y a peu de tensions, quelques tensions locales, mais qui sont liées à des difficultés inhérentes à la vie des établissements", pas à un énorme surcroit d'activité, a-t-il précisé.

Mais "sur l'enveloppe qui est dédiée" à aider les hôpitaux peu adaptés aux chaleurs extrêmes, "on demande juste qu'il y ait une répartition équitable, en lien avec l'activité que nous réalisons", a poursuivi M. Gharbi.

Mercredi soir sur France 2, la ministre Stéphanie Rist a indiqué que 100 millions d'euros seraient débloqués "en urgence" pour notamment équiper les établissements de santé en "outils d'appoint de rafraîchissement".

"On estime qu'on doit y être éligibles à hauteur de 35%, parce que nous représentons 35% de l'activité" et pour l'instant, "c'est flou et quand c'est flou, ça veut dire qu'on est exclu", a-t-il jugé.

Les cliniques sont elles mieux équipées que l'hôpital public pour lutter contre la chaleur ? "Probablement un peu plus, parce que nos bâtiments sont plus petits, et souvent plus récents". Mais dans certains territoires peu habitués aux fortes chaleurs, comme la Bretagne, le nord ou l'est du pays, "il y a forcément moins de climatiseurs", car jusqu'ici "moins de besoins".

"Bien sûr, on a besoin de cette aide pour pouvoir améliorer les conditions de fonctionnement et assurer la continuité des soins, a-t-il dit, saluant toutefois la "prise en compte réelle", par l'exécutif, "des difficultés sur le terrain".