Sébastien Lecornu a porté jeudi la mobilisation du système de santé à son niveau le plus élevé pour qu'il puisse "tenir dans la durée" face à une canicule exceptionnelle qui "ne faiblit pas", et s'est défendu de n'avoir "rien fait" pour adapter le pays au changement climatique.
Le président Emmanuel Macron a pour sa part fait valoir le "gros travail" d'adaptation qui a été fait dans la lutte contre le réchauffement climatique sous ses deux mandats, en martelant que la canicule actuelle était "totalement inédite".
"On ne s'adapte pas à un pic qui n'a pas d'équivalent aujourd'hui en Europe et (...) dans notre histoire", a-t-il déclaré devant la presse lors d'un sommet franco-italien à Antibes (Alpes-maritimes).
Sébastien Lecornu a annoncé jeudi matin sur X avoir activé le plan Orsan au niveau 3, le niveau le plus élevé de mobilisation sanitaire. Il l'avait déjà porté mardi à son niveau 2.
Ce qui permettra de "renforcer les effectifs hospitaliers" grâce à la réserve sanitaire, "de renforcer la coordination" entre les hôpitaux, la médecine de ville, les cliniques et le secteur médico-social, et "d'adapter" les activités hospitalières avec "des déprogrammations ciblées d'interventions non urgentes" si nécessaire.
"Notre objectif reste le même depuis le premier jour : permettre à notre système de santé de tenir dans la durée et protéger les plus vulnérables", ajoute-t-il.
Le gouvernement se prépare à un afflux de patients dans les services d'urgences dans les jours à venir, quand les organismes les plus fatigués lâcheront prise.
Alors que les hôpitaux eux-mêmes sont parfois surchauffés, Sébastien Lecornu a confirmé, dans un long courrier aux maires diffusé jeudi soir, un doublement de l'enveloppe prévue pour leur rénovation énergétique entre 2026 et 2035, qui sera portée à 600 millions d'euros.
- "Inspecteurs des travaux finis" -
Accusé de n'avoir pas suffisamment anticipé une telle crise, le Premier ministre entend répondre aux "inspecteurs des travaux finis" qui l'accusent de n'avoir "rien fait pour adapter le pays au changement climatique".
Il assure que "beaucoup a été fait" mais reconnaît que "beaucoup reste à faire, et nous devons désormais aller plus vite, avec méthode et pragmatisme", et "ensemble" avec les collectivités.
Le gouvernement est attentif à ne pas répéter les erreurs qui ont marqué la canicule de 2003, à laquelle cet épisode est comparé, et qui avait fait 15.000 morts, dont beaucoup de personnes âgées.
A cet égard, il propose de mobiliser à nouveaux les facteurs de La Poste, dans leurs tournées quotidiennes, pour qu'ils puissent "effectuer des visites de repérage" auprès notamment des personnes âgées ou isolées et "détecter une situation préoccupante".
A plus long terme, il soutient que si le pays "connaît aujourd'hui un déficit public, c'est précisément parce que nous consacrons déjà des moyens importants à ces politiques".
Et il affirme que ce sont les élus locaux qui devront "conduire un effort majeur de rénovation du bâti scolaire, après des années de sous-investissement collectif" avec l'État "à (leurs) côtés", via le Fonds vert - dont les crédits ont cependant diminué - et le programme ÉduRénov.
Il avait auparavant demandé à ses ministres de plancher sur plusieurs scénarios, dont celui d'une canicule qui se prolongerait "sur une bonne partie du mois de juillet".
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