Le directeur général de l'AP-HP (hôpitaux publics parisiens), Nicolas Revel, estime que le bilan de la récente canicule sera supérieur à celui de l'an dernier, mais "ne pense pas" que les 15.000 de 2003 seront atteints.
"Je m'attends à ce que le nombre de morts soit important", a déclaré M. Revel sur France 2. "Je ne pense pas qu'on sera à 15.000 morts comme en 2003 parce qu'on a progressé sur plein de choses", a-t-il toutefois ajouté.
"Mais je pense que ce sera probablement supérieur à celui de 2025", a-t-il estimé, en évoquant notamment l'importance du nombre de personnes retrouvées mortes à leur domicile.
Cette année, la "canicule aura été peut-être un peu plus courte que les précédentes, mais d'une intensité extrême", a-t-il souligné.
Le bilan des canicules 2025 était de 5.700 morts. Le bilan de la canicule de 2003 était de 15.000 morts.
Selon les statistiques de l'AP-HP publiées lundi, les services d'urgences de ses hôpitaux ont vu leur activité à nouveau légèrement baisser de 3% sur les dernières 24 heures, après avoir atteint un pic vendredi et samedi, et une légère diminution dimanche.
Côté Samu, les quatre centres du 15 gérés par l'AP HP (Paris, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis) ont également vu leur nombre d'appels reculer de 7% "tout en restant à un niveau élevé".
"Même si on s'attend à ce que dans le courant de la semaine les choses s'apaisent, on sort d'une crise quand même très forte", a déclaré M. Revel.
"C'était à peu près 50% de plus de tout, 50% de plus d'appels au SAMU sur la semaine, 50% de plus de passages aux urgences, 50% de plus d'hospitalisations" a-t-il dit. "Et heureusement (...) avec assez peu de morts à l'hôpital", a-t-il ajouté.
Même si les températures ont baissé, l'afflux aux urgences va se poursuivre, a-t-il prévenu.
"On aura ces prochains jours des personnes qui ont des pathologies chroniques, qui ont des insuffisances cardiaques, qui ont des diabètes, qui ont des insuffisances, plein de choses pour lesquelles la chaleur va être un effet de décompensation et souvent ces personnes arrivent quelques jours après", a prévenu M. Revel.
Le patron de l'AP-HP a dit sa "préoccupation" devant la perspective d'une nouvelle période caniculaire et son effet sur les soignants.
"Comme les Français, ils sont très fatigués", a-t-il indiqué. "Ils ont eu une semaine extrêmement intense, difficile, fatigante", a-t-il dit, les qualifiant "d'admirables".