Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a réuni mercredi soir des organisations syndicales et patronales pour évoquer les mesures déployées face à la canicule, proposant la mise en place d'un groupe paritaire à l'automne pour anticiper les prochaines crises.
"Le ministre a proposé la création d'un groupe de travail pour suivre la situation et pour étudier dès la rentrée les nouveaux usages et les adaptations structurelles à mettre en oeuvre afin de maintenir l'activité économique, lors de ces périodes caniculaires, tout en protégeant la santé des salariés", a indiqué le ministère dans un communiqué.
Il a également évoqué la hausse des contrôles de l'inspection du travail, qui ont donné lieu à une centaine de mises en demeure depuis fin mai. Le "plan global" contre la canicule inclut aussi, selon le ministère, le fait de "demander aux préfets dans les départements en vigilance rouge de suspendre les chantiers entre 13H00 et 21H00, lorsque les conditions locales l'exigent, et de permettre un démarrage anticipé des chantiers (...)", ce qui a déjà été fait dans neuf départements.
Le plan comprend aussi le rappel des règles instaurées par un décret en 2025, qui a renforcé les obligations des employeurs, avec une gradation des mesures à prendre en fonction des seuils de vigilance de Météo-France.
S'il se félicite d'une "prise de conscience" de la gravité de la situation par le ministre, Jérôme Morin, qui participait à la réunion pour la CFDT, souligne la nécessité "d'appliquer déjà les textes existants", notamment ce "décret chaleur" de 2025. Il déplore ainsi que la question de la chaleur ne soit pas assez présente dans les documents uniques d'évaluation des risques professionnels (DUERP), principal outil de la prévention en entreprise.
"On lutte contre des problèmes structurels, le manque de moyens de l'inspection du travail, de différentes administrations, des représentants du personnel. Il n'y a pas eu de réponse là-dessus", a pointé pour sa part Denis Gravouil, présent pour la CGT, qui juge la réunion "pas à la hauteur du risque qui vise des millions de salariés".
Il estime aussi que le décret de 2025, tout en étant "insuffisant", "doit au moins être appliqué".
Pour Force ouvrière, Eric Gautron s'est félicité que le ministre ait accepté la proposition de tenir une réunion interministérielle, associant Travail et Agriculture, avec les organisations syndicales, sur le sujet du logement de saisonniers agricoles sous la tente, que FO dénonce.
Plus globalement, FO a salué un "premier échange utile", tout en soulignant l'importance de renforcer le dialogue social de branches sur ce sujet.