Canicule: le ministre du Travail et les partenaires sociaux à Madrid pour apprendre de l'Espagne

En quoi l'Espagne est-elle meilleure que la France pour adapter le monde du travail aux températures caniculaires ? Le ministre du Travail et les partenaires sociaux se rendent mercredi à Madrid pour chercher des éléments de réponse.

Ce "voyage d'études" avait été souhaité par Jean-Pierre Farandou dès juin, quand les premiers épisodes de canicule avaient ouvert un été historiquement chaud en France.

Des représentants des cinq syndicats, dont la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, et des trois organisations patronales représentatifs participent à ce déplacement qui comprend une rencontre avec la ministre espagnole du Travail Yolanda Diaz et la visite d'entreprises.

"On y va pour voir les éventuelles bonnes pratiques", a expliqué à l'AFP Cyril Chabanier, président de la CFTC.

Le nombre de travailleurs dont le décès peut être imputé à la chaleur en France cet été n'a pas encore été communiqué par la Direction générale du travail, la CGT l'estime à une vingtaine. Le syndicat réclame des changements immédiats par la loi pour mieux protéger ceux qui travaillent sous de fortes chaleurs, et notamment l'inscription dans le Code du travail de températures maximales pour travailler.

C'est le cas en Espagne, où la législation prévoit depuis les années 1990 une température maximale de 27°C pour un travail en espace fermé. Un protocole spécial doit également être mis en place par les employeurs en cas d'alertes orange et rouge émises par l'agence météorologique nationale, comprenant la modification des horaires de travail si les autres mesures de protection ne suffisent pas.

Dans certains cas, le système de journée continue, de 8H à 15H, peut aussi être appliqué entre juin et septembre.

En France, un décret de juin 2025 a renforcé les obligations des entreprises en cas de forte chaleur, comme fournir suffisamment d'eau fraîche, adapter l'organisation du travail ou procurer des équipements adéquats, avec des mesures graduées selon les niveaux de vigilance Météo-France.

Mais selon les syndicats, ces obligations ne sont pas suffisamment respectées dans les entreprises.

"L'essentiel pour la CFDT est de travailler sur des plans d'adaptation très rapidement et que les employeurs intègrent le fait que cela ne peut pas se faire sans dialogue social", a rappelé sa secrétaire générale, Marylise Léon, reçue la semaine dernière par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

Sur quelque 11.000 personnes ayant répondu à une enquête en ligne menée par la CGT, 71,1% n'ont pas été sollicités par leur employeur pour adapter leurs conditions de travail cet été et 84,4% ont rapporté une fatigue importante.