Sébastien Lecornu a porté jeudi la mobilisation du système de santé à son niveau le plus élevé pour qu'il puisse "tenir dans la durée" face à une canicule exceptionnelle qui "ne faiblit pas", et l'exécutif s'est défendu de n'avoir "rien fait" pour adapter le pays au changement climatique.
Emmanuel Macron a fait valoir le "gros travail" d'adaptation qui a été fait dans la lutte contre le réchauffement climatique sous ses deux mandats, en martelant que la canicule actuelle était "totalement inédite".
Il a regretté "plutôt les choix qui ont été faits" depuis la dissolution alors que les crédits alloués au Fonds vert sont passés de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 837,5 millions en 2026.
"On ne s'adapte pas à un pic qui n'a pas d'équivalent aujourd'hui en Europe et (...) dans notre histoire", a-t-il aussi déclaré devant la presse lors d'un sommet franco-italien à Antibes (Alpes-maritimes).
De son côté, Sébastien Lecornu a activé le plan Orsan au niveau 3, le plus élevé de mobilisation sanitaire.
Cela permettra de "renforcer les effectifs hospitaliers" grâce à la réserve sanitaire, "de renforcer la coordination" entre les hôpitaux, la médecine de ville, les cliniques et le secteur médico-social et "d'adapter" les activités hospitalières avec "des déprogrammations ciblées d'interventions non urgentes" si nécessaire.
"Notre objectif reste le même depuis le premier jour : permettre à notre système de santé de tenir dans la durée et protéger les plus vulnérables", ajoute-t-il.
Le gouvernement a sonné la "mobilisation générale" du système de soins, les médecins redoutant à plus ou moins brève échéance une surmortalité dans la population, les aggravations brutales de maladies chroniques pouvant mettre cinq à dix jours à survenir.
Et, alors que les hôpitaux eux-mêmes sont parfois surchauffés, le Premier ministre a confirmé, dans un long courrier aux maires diffusé jeudi soir, un doublement de l'enveloppe prévue pour leur rénovation énergétique entre 2026 et 2035, qui sera portée à 600 millions d'euros.
- "Inspecteurs des travaux finis" -
Accusé de n'avoir pas suffisamment anticipé une telle crise, il entend lui aussi répondre aux critiques, dénonçant les "inspecteurs des travaux finis" qui l'accusent de n'avoir "rien fait pour adapter le pays au changement climatique".
Assurant que "beaucoup a été fait", Sébastien Lecornu reconnaît que "beaucoup reste à faire, et nous devons désormais aller plus vite, avec méthode et pragmatisme", et "ensemble" avec les collectivités.
Le gouvernement est attentif à ne pas répéter les erreurs qui ont marqué la canicule de 2003, qui avait fait 15.000 morts, dont beaucoup de personnes âgées.
A cet égard, il propose de mobiliser à nouveaux les facteurs de La Poste, dans leurs tournées quotidiennes, pour qu'ils puissent "effectuer des visites de repérage" auprès notamment des personnes âgées ou isolées et "détecter une situation préoccupante".
Sébastien Lecornu assure que si le pays "connaît aujourd'hui un déficit public, c'est précisément parce que nous consacrons déjà des moyens importants à ces politiques".
Et il affirme que ce sont les élus locaux qui devront "conduire un effort majeur de rénovation du bâti scolaire, après des années de sous-investissement collectif" avec l'État "à (leurs) côtés", via le Fonds vert et le programme ÉduRénov.