Canicule: l'aide à domicile sous tension face à des besoins en hausse

Les services d'aide à domicile sont sous tension avec la canicule, confrontés à une hausse des besoins des personnes vulnérables tandis que leurs effectifs sont fragilisés par les fermetures d'écoles, soulignent les employeurs.

"Notre personnel majoritairement féminin est très impacté par les fermetures de crèches et d'écoles. Cela tend encore plus les plannings alors qu'on a besoin d'allonger le temps des prestations", a indiqué Loïc Gobé, président de la FESP (fédération des entreprises de services à la personne), qui rassemble 4.500 entreprises accompagnant 150.000 personnes.

Selon lui, les intervenants devraient "prendre davantage de temps, pour faire boire les personnes vulnérables, les emmener dans des Ehpads ou mairies où se trouvent des salles climatisées", explique-t-il à l'AFP.

Leurs personnels s'occupent de personnes alitées et lourdement handicapées, dans "des logements souvent pas isolés", souligne-t-il.

Le secteur, confronté à des difficultés structurelles de recrutement, est "sur un fil" après plusieurs jours de canicule. "Sans être dans une situation critique, il pourrait le devenir si l'épisode devait durer", prévient-il.

"La situation se tend au fur et a mesure que les écoles et crèches ferment", souligne-t-il.

Le secteur des services à la personne "sort à peine de la crise du carburant" qui rendait plus coûteux le déplacement des personnels, ajoute-t-il. "Aujourd'hui ce sont les problèmes de garde d'enfant qui empêchent les salariés d'intervenir", observe-t-il.

Les personnes âgées représentent une part significative des passages aux urgences. Elles constituaient 18% des 2.700 admissions enregistrées jeudi soir sur les 24 heures précédentes par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Environ une personne sur deux âgée de plus de 75 ans est hospitalisée à l'issue de son passage aux urgences.

Le ministère de la Santé a fait part de ses inquiétudes concernant les "décès à domicile". Une préoccupation également exprimée par Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP), qui estime que "probablement, les personnes qui décèdent le font avant d'arriver à l'hôpital", notamment parmi les plus âgées.