Canicule: Grégoire reconnaît que Paris n'en a "pas encore assez fait"

Le maire PS de Paris Emmanuel Grégoire a reconnu jeudi que la Ville n'en avait "pas encore fait assez" dans la gestion des canicules, et appelé à "sortir collectivement du déni" face à un "phénomène structurel".

"A la mairie de Paris, nous avons nous-mêmes un peu péché en évoquant l'atténuation et l'adaptation à l'horizon 2050" dans la capitale où le climat "ressemblera un jour à celui de Séville", explique l'édile dans un entretien au Monde.

"Nous ne pourrons pas tenir vingt-cinq ans sans agir encore plus maintenant", ajoute l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo. Le plan climat 2024-2030 de la Ville a selon lui eu un effet "sur la sobriété de l'empreinte environnementale", "mais nous n'avons pas encore fait assez dans la gestion des épisodes caniculaires, surtout de l'ampleur de celui que nous connaissons actuellement".

Reste désormais à "remporter la bataille de la rénovation du bâti", notamment celui des écoles dont seulement "200 sur 600" sont rénovées, détaille le maire qui a acheté 1.200 climatiseurs mobiles pour équiper en urgence les établissements scolaires.

"J'assume ce changement de paradigme. Il s'agit d'être pragmatique" alors que "le rythme d'investissements et de rénovation mettra trop longtemps à se déployer pour répondre à l'urgence sociale imposée par les canicules".

La climatisation individuelle "est une plaie", souligne M. Grégoire, qui appelle les pouvoirs publics "à aller vite" et "donner des outils alternatifs", sinon "les gens vont acheter leur propre climatiseur et l'installer comme ils peuvent chez eux parce que c'est insoutenable".

Les canicules sont "encore trop souvent pensées comme des épisodes ponctuels et non comme un phénomène structurel amené à se répéter", selon le maire, estimant qu'il faut "sortir du déni collectif".

Il réunira lui-même lundi "l'Assistance publique hôpitaux de Paris (APHP), les gestionnaires d'Ehpad, le secteur privé, les gestionnaires de réseaux énergétiques et de transports autour de l'élaboration d'une trajectoire d'adaptation au changement climatique".

L'édile PS demande en outre d'organiser une "conférence sociale" avec des experts, les partenaires sociaux et le gouvernement pour pouvoir adapter les horaires de travail lors des canicules.