La Tour Eiffel fermant plus tôt ou Dunkerque gagnant en popularité grâce à sa relative fraîcheur: face aux fortes chaleurs dont souffre l'Europe, les acteurs du tourisme en France cherchent à s'adapter, sans anticiper pour autant de coup de froid sur la fréquentation des sites.
Du côté des hôteliers, la canicule modifie un peu la donne. "On a remarqué depuis quelque temps des réservations de dernière minute. Cela augmente avec cette météo", explique à l'AFP l'hôtelier Valentin Prudon, président de l'Union des métiers de l'hôtellerie restauration (Umih) pour la Corrèze.
La fraîcheur dans les établissements est devenue une préoccupation majeure, souligne ce professionnel, gérant de l'hôtel Europa à Maussac. "C'est devenu un critère de choix pour nos clients", qu'il s'agisse de privilégier des destinations réputées plus froides ou "des établissements équipés de climatisation ou d'autres moyens de refroidissement", dit-il.
Dans son établissement non climatisé, il a mis en place une chambre témoin pour tester diverses mesures telles qu'un ventilateur de plafond. "Bon nombre" d'hôteliers réfléchissent au moyen de "rafraîchir (les) chambres", indique-t-il, "c'est un sujet que l'on a tous actuellement".
Selon des données de la plateforme de réservations en ligne Hotels.com, entre le 14 et le 23 juin, en pleine période de forte chaleur, les recherches utilisant le filtre "air conditionné" pour des séjours en hôtel dans les deux prochaines semaines ont bondi de 424% par rapport à la période pré-canicule.
La plateforme observe aussi un changement dans les destinations prisées. Depuis le début de la seconde vague de chaleur, les recherches pour des séjours sur les deux derniers week-ends de juin ont bondi en Normandie de 170% à Trouville et 150% à Dieppe, ou encore de 55% à Dunkerque, dans le Nord.
Pour les sites touristiques, l'heure est à l'adaptation. Mardi, le Mont-Saint-Michel, site le plus visité de France hors région parisienne, a ainsi conseillé aux visiteurs de reporter leur venue en raison de la canicule.
- Fermetures -
A Paris, la Tour Eiffel et le musée du Louvre ont avancé leur heure de fermeture. Les grandes serres du Jardin des Plantes sont fermées, tout comme sa Ménagerie, notamment pour préserver les personnels de la chaleur, a expliqué le Muséum à l'AFP. La Réserve zoologique de la Haute-Touche, dans l'Indre, est également close.
Du côté des parcs d'attraction, on s'adapte aussi. Disneyland Paris encourage les visiteurs à se tourner vers les attractions climatisées en intérieur, tandis que certaines attractions sont temporairement fermées, et les visiteurs bénéficient de conditions de remboursement flexibles.
Au Parc Astérix, quelques attractions sont également closes de façon temporaire, a indiqué le site à l'AFP. "Nous avons fermé les arènes où il n'y a pas de climatisation. En compensation, il y a plus de personnages qui tournent, mais les employés font des pauses plus fréquentes", a-t-on précisé.
De façon générale, les acteurs du tourisme n'anticipent pas de remise en cause de la fréquentation touristique, ni de changement majeur pour les réservations cet été.
"Quand il fait très froid, les gens aiment aller au soleil. Mais quand il fait très chaud, ils aiment toujours aller au soleil", sourit Laurent Abitbol, président du directoire des agences de voyages Selectour. Ce dernier concède juste une petite baisse des voyages d'affaires actuellement en raison de la canicule.
"Les épisodes caniculaires ponctuels ont généralement un effet limité sur les réservations déjà engagées, en particulier pour les clientèles internationales ou les long-courriers", abonde Choose Paris Region, l'agence de promotion de la Région Ile-de-France.
Pour preuve: du 15 au 19 juin par exemple, la fréquentation touristique en Ile-de-France a progressé de 21% par rapport à la même période l'an dernier. Mais la canicule peut avoir un effet plus visible sur les comportements de dernière minute et les excursions à la journée, précise l'agence.
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