Canicule: critiqué lors du dernier épisode, le gouvernement Lecornu cherche à prévenir

Critiqué sur sa gestion d'une première vague de chaleur en mai, le gouvernement veut montrer sa mobilisation face à la canicule exceptionnelle qui sévit en France et pourrait durer, mais sans s'avancer sur des décisions structurelles.

Le gouvernement avait semblé tarder dans sa gestion de la vague de chaleur précoce fin mai, avec une réunion à Matignon le jeudi quand l'épisode avait démarré six jours plus tôt, et les oppositions s'étaient engouffrées dans la brèche.

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait reconnu que le gouvernement avait "plus l'habitude d'appréhender" les canicules en juillet et en août qu'à ce moment de l'année, quand les étudiants sont en examen et les salariés toujours au travail.

Cette fois, face à une canicule d'une ampleur inégalée, avec 90% des Français exposés à des températures extrêmes, le Premier ministre a déployé les grands moyens.

Il a activé samedi la cellule interministérielle de crise (CIC) qui, depuis, se réunit tous les jours et qu'il a présidée à deux reprises.

Le gouvernement a annoncé à l'issue de la première réunion l'interdiction de la consommation d'alcool sur la voie publique pour la Fête de la musique dans les départements placés en vigilance rouge.

Mardi matin, le Premier ministre a réuni pas moins de 18 ministres et leur a demandé de plancher sur plusieurs scénarios, dont celui de fortes chaleurs qui se prolongeraient "sur une bonne partie du mois de juillet".

- "Endurance" -

Comme Météo-France, il a fait part de son "l'incertitude" sur la durée de cette canicule, alors que la ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait prévenu fin mai que ces épisodes de fortes chaleurs pourraient se répéter durant l'été.

Face à ce phénomène d'une intensité "exceptionnelle, similaire à celle d'août 2003" qui avait fait près de 15.000 morts, le chef du gouvernement a insisté pour que "l'hôpital tienne". Il anticipe un "plan d'endurance", en annonçant un renforcement de la mobilisation du système de santé.

Il a ainsi activé le plan Orsan 2, un niveau jamais déclenché depuis sa création en 2016. Le niveau 2 inclut par exemple de possibles déprogrammations d'opérations "si nécessaire".

Le gouvernement se prépare à un afflux de patients dans les services d'urgences dans les jours à venir, quand les organismes les plus fatigués lâcheront prise.

Le lcoataire de Matignon a aussi réitéré les consignes du gouvernement et notamment "la solidarité avec les plus fragiles", comme les personnes âgées dans les Ehpad, en appelant la "vigilance".

Mais, malgré les consignes de sécurité martelées par l'exécutif, Sébastien Lecornu a déploré "40 morts" par noyade depuis le 18 juin, un "triste fléau".

- Réponses structurelles -

Sébastien Lecornu a également invité ses ministres à ne pas se déplacer cette semaine pour rester "pleinement mobilisés" sur la gestion de la crise, sachant qu'un déplacement ministériel nécessite souvent beaucoup de moyens de l'Etat.

Mais le Premier ministre ne s'est pas avancé sur de nouvelles réponses structurelles, réclamées par la gauche qui met en avant plusieurs propositions à moins d'un an de la présidentielle : plan massif de rénovation thermique des logements côté Insoumis, congé climatique côté Ecologistes.

Il a juste demandé à ses ministres "des propositions pour l'année prochaine" et le gouvernement qui lui succédera.

Marine Tondelier a tenté de faire monter le sujet de l'adaptation au changement climatique, mais certains candidats, notamment à droite, restent assez discrets, sauf sur la climatisation, au grand dam des scientifiques pour qui "le climat concerne tous les sujets politiques".