Canicule au travail : la CGT lance un outil d'alerte pour les salariés

La CGT, exigeant des mesures d'urgence pour protéger les salariés de la canicule, a lancé jeudi un outil en ligne pour permettre aux travailleurs d'évaluer leur exposition aux fortes chaleurs.

Disponible sur le site du syndicat, ce "calculateur de chaleur" permet, à partir de ses conditions spécifiques de travail, de la température ressentie et d'éventuels facteurs aggravants, d'estimer un niveau d'alerte et les mesures de prévention attendues sur le site de travail.

"Quand on parle de fortes chaleurs, on parle d'enjeu de vie ou de mort pour un certain nombre de travailleurs et de travailleuses", a insisté Sophie Binet, lors d'une conférence de presse.

La numéro un de la CGT réclame au ministère du Travail de "faire la transparence sur la surmortalité au travail et sur les accidents du travail" depuis le premier épisode de canicule de 2026, en mai.

Selon son propre décompte, à partir des remontées de ses différentes fédérations, le syndicat a recensé "des centaines de malaises" et 14 morts au travail, dont le pompier volontaire tué mercredi en Savoie, trois ouvriers BTP tués lors de chutes et un douanier.

"Il y a besoin (de) mesures pour l'ensemble des travailleurs et des travailleuses et que ces mesures soient prévues par le Code du travail pour garantir l'égalité des droits", a insisté Sophie Binet, refusant que le sujet soit renvoyé "au bon vouloir des employeurs" et aux négociations entreprise par entreprise.

Lors d'une nouvelle rencontre jeudi au ministère du Travail, la CGT veut réclamer un renforcement du décret de 2025 sur les obligations des employeurs en cas de fortes chaleurs, notamment avec l'inscription de seuils de température ou l'obligation de pauses de vingt minutes dans un endroit frais.

Le syndicat demande également une interdiction systématique du travail en extérieur l'après-midi dans les zones en alerte orange et rouge, le renforcement des prérogatives et effectifs de l'inspection du travail, ainsi que la création d'un congé intempéries, à l'instar de ce qui existe dans le BTP, avec maintien complet du salaire.