La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dénoncé mardi "une absence complète d'anticipation par l'Etat et par les employeurs" face aux épisodes de canicules, plus précoces, plus fréquents et plus intenses.
"Ce qui est extrêmement choquant, c'est l'absence complète d'anticipation par l'État et par les employeurs", alors même que "ça fait plus d'un an qu'il est obligatoire de mettre en place des plans de prévention de la canicule dans toutes les entreprises, toutes les administrations", a-t-elle jugé sur Ici Occitanie.
Et "même dans les hôpitaux, il n'y a pas de plan canicule. Pendant dix jours, par exemple, les résidents des hôpitaux ont eu des repas chauds servis. C'est autant de chaleur pour les salariés, et pour les patients, c'est des repas qui n'ont pas été ingérés. Ça montre la situation ubuesque dans laquelle on est, avec un défaut complet d'anticipation", a lancé la dirigeante de la CGT.
Ces fortes chaleurs montrent aussi "à quel point la lutte contre le réchauffement climatique ne peut pas être une option", a souligné Sophie Binet, observant que "sur ce point, il y a eu des reculs très importants et très dangereux de la part du gouvernement ces dernières années".
"Aujourd'hui, 23 ans après, on peut s'attendre à une nouvelle catastrophe sanitaire, peut-être identique ou supérieure à celle de 2003", a écrit jeudi la fédération CGT de la Santé et de l'Action sociale, dans une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu, demandant notamment que le gouvernement "débloque des moyens en urgence" pour "empêcher les morts évitables".
Principalement causé par la combustion des énergies fossiles, le changement climatique intensifie les vagues de chaleur, comme celle qui a frappé pendant environ une semaine une grande partie de l'Europe, la plus sévère jamais mesurée sur le Vieux Continent.
En France, elle a déjà fait, depuis mercredi, "environ 1.000 décès supplémentaires" par rapport aux mois précédents, a annoncé dimanche Santé publique France.
"Je ne pense pas qu'on sera à 15.000 morts comme en 2003 parce qu'on a progressé sur plein de choses", a jugé lundi soir le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel, "mais je pense que ce sera probablement supérieur à 2025", à savoir 5.700 morts liées à la chaleur.