Canicule: 2.000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires pour l'accueil de sans abri

Face à la canicule, plus de 2.000 places supplémentaires d'hébergement d'urgence sont ouvertes en France pour accueillir des sans abri, a annoncé vendredi le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou, au côté de la ministre de la Santé Stéphanie Rist.

Le dispositif d'hébergement d'urgence -"plus de 115. 000 logements tous les jours en France, c'est 3 milliards d'euros, un poste budgétaire très important"- est "renforcé quand il fait très froid ou très chaud", et là, "au niveau national, c'est plus de 2.000 places supplémentaires", a-t-il déclaré, lors d'une visite d'un lieu d'hébergement d'urgence à Paris.

Dans les locaux de la préfecture de la région Ile-de-France, dans le 15e arrondissement de Paris, 70 places ont été créées pour accueillir des femmes sans domicile, a priori jusqu'à lundi.

"On voit arriver aux urgences des personnes qui sont sans abri, qui souffrent évidemment de la chaleur, des personnes aussi isolées et en logement précaire", a indiqué la ministre de la Santé.

Derrière un rideau, dans le bâtiment de la préfecture, on entrevoit des lits de camps. Parmi les femmes présentes, Tady, 40 ans. "La chaleur, ces jours-ci, c'était trop", dit à l'AFP cette femme originaire de Guinée Conakry, accoudée dans une salle commune où une fraîcheur relative règne.

En France depuis 2022, elle a vu sa demande d'asile refusée et navigue depuis des mois d'un hébergement - trouvé par le 115 ou une association - à un autre, avec des passages à la rue.

Elle est arrivée dans ce centre d'urgence jeudi, d'un hôtel proche de l'aéroport Charles-De-Gaulle où elle partageait une chambre avec trois ou quatre femmes. "Ici c'est mieux que dehors avec la chaleur, on mange bien, on est bien accueilli", confie-t-elle.

Tady est très inquiète pour lundi. Elle doit être opérée après une grossesse extra-utérine et craint de se retrouver à la rue à la sortie de l'hôpital, le soir même: "Normalement, après l'opération, il faut rester en convalescence mais je ne sais même pas où aller".

"En plus de l'hébergement et des repas, une équipe sociale va recueillir la situation de la personne pour chercher une solution plus pérenne", explique Benjamin Caramelle, directeur adjoint Paris de Coallia, l'association gérant le lieu.

La décision de fermer ou de prolonger l'accueil dans ce lieu devrait être prise ce week-end.