Cancer du sein, infertilité : la France doit mieux répondre à ces enjeux croissants pour les femmes, selon un rapport

Contre le cancer du sein et l'infertilité, la France connaît des "résultats peu satisfaisants", estime un rapport présenté mercredi à l'Assemblée nationale, appelant à "plus de prévention, des parcours de soins plus efficients, une attention particulière aux facteurs environnementaux, un effort accru de recherche".

Pour leur mission d'information sur "la santé des femmes", confiée par la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée, Sandrine Rousseau (écologiste) et Prisca Thévenot (Ensemble) ont retenu "deux enjeux de santé publique croissants", par le nombre de femmes touchées comme par les répercussions sur leur vie : le cancer du sein et l'infertilité.

Le cancer du sein est "une urgence sanitaire" car "la France fait figure de triste exception", avec une incidence au deuxième rang mondial et une mortalité supérieure aux moyennes mondiale et européenne "malgré les efforts de dépistage", pointe leur rapport d'une centaine de pages, dévoilé pendant Octobre rose, mois de sensibilisation au dépistage.

Il entraîne des dépenses croissantes pour la Sécurité sociale mais aussi un reste à charge important pour les patientes, parfois cause d'un renoncement aux soins.

Pour l'infertilité, "phénomène massif et silencieux", la procréation médicalement assistée a "ouvert des perspectives considérables", relèvent les élues, mais "ces traitements sont lourds, leur taux de réussite diminue avec l'âge de la femme, et 10% des couples restent infertiles après deux ans de tentatives".

Dans ces deux domaines, "l'information, la sensibilisation, la formation des professionnels de santé, la prévention, l'accompagnement et la recherche doivent être considérablement renforcés" mais il est aussi "impératif de réduire les inégalités territoriales et sociales", selon le rapport.

Des "pertes de chance" découlent aussi de "biais de genre", constatent ses autrices, appelant à mieux intégrer les "spécificités biologiques et physiopathologiques des femmes".

Autre préconisation : faire de la santé environnementale et de la réduction de l'exposition aux polluants chimiques "une priorité des politiques publiques".

Car, expose le rapport, les perturbateurs endocriniens, "présents dans les plastiques, les cosmétiques et les pesticides", sont "suspectés de dérégler les fonctions hormonales, déterminantes dans l'apparition des cancers hormonodépendants comme le cancer du sein, et de contribuer à la diminution de la fertilité".

Côté cancer du sein, la mission recommande aussi une augmentation des centres impliqués dans le dépistage et des mammobiles, une offre accrue de reconstruction mammaire dans le secteur public, davantage d'accompagnements pour la qualité de vie (psychologie, soins de support, etc.), ou encore une meilleure prise en compte des spécificités des femmes jeunes.

Contre l'infertilité, les députées plaident, entre autres, pour ouvrir aux centres privés l'autoconservation d'ovocytes, créer des banques régionales de stockage des gamètes et permettre, sous conditions, un diagnostic pré-implantatoire avant PMA.