Campements, squats: trois expulsions par jour en 2025, selon des associations

Plus de 77.000 personnes dont au moins 4.500 mineurs ont été expulsées en 2025 de leur bidonville, campement ou squat, un chiffre en léger recul mais qui représente trois expulsions par jour, selon le rapport annuel d'un collectif d'associations, publié jeudi.

Au total, 1.240 opérations d'expulsions ont été recensées sur l'année 2025 dont plus de la moitié sur le littoral nord dans les secteurs de Calais et Dunkerque, où sont concentrés de nombreux camps de migrants, rappelle le rapport de l'Observatoire de surveillance des expulsions collectives de lieux de vie informels.

Selon l'Observatoire, fondé par plusieurs associations dont Médecins du monde, la Ligue des droits de l'Homme ou encore la Fondation Abbé Pierre, trois expulsions de lieux de vie informels ont été recensées en moyenne chaque jour l'année dernière, ce qui a concerné environ 211 personnes quotidiennement.

Le rapport souligne aussi la répétition des expulsions, notamment sur le littoral nord où certaines opérations sont menées de façon routinière. Dans la région de Calais, un même lieu de vie a ainsi "été expulsé 119 fois" en 2025.

L'Observatoire estime que les expulsions demeurent peu préparées. Seules 7% d'entre elles ont été précédées d'un diagnostic social.

Selon le rapport, 92% des expulsions recensées ont laissé tout ou partie des habitants sans proposition d'hébergement ou de logement.

Les auteurs relèvent par ailleurs que les personnes vivant dans les lieux de vie informels sont considérées comme "des indésirables" qui "dégraderaient les lieux" qu'elles occupent.

Les associations signalent également des atteintes aux biens des personnes expulsées. Selon le rapport, 88% des expulsions se sont accompagnées de saisies ou de destructions de biens personnels.

Sur le littoral nord, les saisies et destructions "sont systématiques", rappelle l'Observatoire qui évoque l'intervention "lors de chaque expulsion d'entreprises privées chargées de collecter les biens des personnes et détruire leurs abris, parfois à l'aide de tractopelles, bennes et autres engins de chantier".

Sur le plan juridique, une expulsion sur trois a eu lieu pendant la trêve hivernale et l'Observatoire souligne aussi que seul un tiers des expulsions recensées reposaient sur une décision de justice, contre 53% menées de manière illégale.