Budget 2027: France urbaine appelle à une "juste" contribution des collectivités

L'association France urbaine, qui représente les grandes villes, métropoles ainsi que les grandes intercommunalités, a appelé mardi le gouvernement à une plus "juste" contribution des collectivités au redressement des comptes publics pour 2027, afin de maintenir les investissements climatiques.

"Nous admettons le principe d'une contribution des collectivités territoriales. Simplement, celle-ci doit être concertée et doit être juste, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", a déclaré lors d'une conférence de presse Jean-Luc Moudenc, maire DVD de Toulouse et président de l'association, alors que les territoires urbains sont particulièrement exposés aux effets du changement climatique.

Selon France urbaine, les intercommunalités ont supporté à elles seules en 2026 la moitié de la contribution de 7,8 milliards d'euros pour l'ensemble des collectivités, alors qu'elle représentent un quart des dépenses de fonctionnement.

Une facture évaluée à 918 millions d'euros pour les seuls adhérents de France urbaine, soit le quart de ce montant.

"Cette pression financière pèse directement sur l'investissement local: 66% des collectivités interrogées par France urbaine prévoient de repousser ou de lisser leurs investissements et 20% d'abandonner certains projets, à rebours de l'accélération attendue en matière de transition écologique", souligne l'association.

L'institut I4CE évalue pourtant à 19 milliards d'euros par an d'ici 2030 les besoins de l'investissement local en matière de transition écologique, soit un peu plus du double de ce qu'elles investissent actuellement.

"Des projets et des idées dans tous les domaines (...), nous les avons. Simplement, notre problème, ce sont les moyens financiers", a souligné Jean-Luc Moudenc, appelant l'Etat à "laisser les recettes" des territoires urbains faute de pouvoir les aider.

"Nous ne voulons pas en 2027 que cette injustice soit reproduite au détriment des grandes villes et des intercommunalités. Donc que les différents types de collectivités, communes, intercommunalités, départements, régions, contribuent à proportion de leur faculté respective, c'est-à-dire selon leur poids objectif dans la situation d'endettement du pays", a-t-il lancé.

L'association réclame par ailleurs un "bouclier" permettant de plafonner la contribution à 2% des recettes réelles de fonctionnement, ainsi qu'une hausse du versement mobilité, à l'instar de ce qui a été autorisé pour l'Ile-de-France.

Nathalie Appéré, maire PS de Rennes et première vice-présidente de l'association, a critiqué de son côté un "niveau d'imprévisibilité financière extrêmement difficile" au moment de planifier des investissements "de centaines de millions d'euros" dans les mobilités décarbonées ou les réseaux de chaleur urbains.

"Chaque année, on se demande un peu à quelle sauce on va être mangé", a-t-elle ajouté.