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Brevets en France: les transports phosphorent face aux enjeux du changement climatique

Se déplacer en sécurité en émettant moins de CO2 sur une planète qui se réchauffe: Le secteur des transports est à la manoeuvre pour relever le défi de la décarbonation, se taillant la part du lion dans le nombre de demandes de brevets déposées en France, selon le classement 2020 de l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi).

Le constructeur automobile Stellantis (ex-PSA) arrive premier du palmarès, devant le motoriste aéronautique Safran et l'équipementier automobile Valeo, a annoncé mardi l'Inpi.

Même s'il ne comprend pas la période de la crise sanitaire, le classement annuel, établi en comptabilisant le nombre de demandes de brevets publiées en 2020, c'est-à-dire déposées entre le 1er juillet 2018 et le 30 juin 2019, souligne le dynamisme de la recherche dans le secteur de la mécanique et des transports en France.

Sur les dix premiers groupes, sept opèrent dans les transports (PSA, Safran, Valeo, Renault, Airbus, Michelin, Faurecia).

Le classement 2020 marque aussi une amélioration de la place de la recherche publique par rapport à celui de 2019.

Treize établissements publics de recherche et d'enseignement supérieur sont présents dans le Top50, contre 10 l'an précédent. Le CNRS conserve sa 6e place. IFP Energies nouvelles se classe en 15e position.

Avec 1.239 demandes de brevets publiées (contre 1.183 l'an précédent, +4%), PSA, devenu Stellantis en janvier après sa fusion avec Fiat-Chrysler, conserve la tête du classement français, regagnée en 2019 après l'avoir perdue au profit du groupe Valeo entre 2016 et 2018.

Ses axes de recherche portent sur "les nouvelles chaînes de traction en matière de transition énergétique et de mobilité durable" (électrique, hybridation, hydrogène), et piles à combustible.

Les ingénieurs et chercheurs de PSA planchent aussi sur le déploiement d'aides à la conduite et du numérique, ainsi que sur les nouveaux usages de la mobilité (véhicules partagés, services).

- Safran: 75% de la recherche pour la décarbonation -

Deuxième du classement, le constructeur de moteurs d'avions Safran consacre "75% de son budget de recherche à la décarbonation du transport aérien", précise une porte-parole.

Le motoriste, qui finance de nombreuses thèses de recherche chaque année en lien avec universités et écoles d'ingénieurs, gagne une place et passe au deuxième rang du classement, avec 1.103 demandes de brevets publiées en 2020 (contre 871 en 2019), soit une augmentation de plus de 26%.

Ses chercheurs planchent sur "les nouvelles technologies de motorisation, les carburants alternatifs et l'allègement des matériaux utilisés pour les moteurs et équipements aéronautiques", indique le groupe à l'AFP.

A la 3e place, Valeo a vu le nombre de ses demandes de brevets en France baisser, à 819 contre 1.304 (-37%), mais l'équipementier s'inscrit en tête des déposants français de brevets dans le monde, selon un autre classement Inpi.

Ses brevets ont porté sur l'électrification des vélos, trois roues électriques, navettes autonomes ou droïdes de livraison, sur les systèmes d'éclairage ou de climatisation dits "intelligents" qui assurent notamment le confort thermique tout en préservant l'autonomie des batteries, sur des systèmes d'assainissement de l'air bloquant allergènes et virus dans les habitacles, ainsi que sur la conduite automatisée.

Le Commissariat à l'Energie atomique et aux énergies alternatives (CEA) conserve la quatrième place avec 646 demandes publiées en 2020. Renault arrive cinquième avec 483 demandes.

L'Inpi souligne la présence de trois entreprises de taille intermédiaire dans le top 50: Gaztransport et Technigaz (GTT), société d'ingénierie navale des Yvelines spécialisée dans la conception de systèmes de stockage et de transport de gaz liquéfiés (30e place, 58 demandes de brevets), Soitec, producteur de matériaux semi-conducteurs (48e place, 30 demandes), et Exel Industries (pulvérisation agricole) qui entre au palmarès à la 49e place avec 29 demandes.

GTT souligne que ses travaux permettent "de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre des navires méthaniers" neufs. Le groupe s'attaque à "la propulsion des navires au gaz naturel liquéfié" dans l'objectif de réduire leurs émissions de CO2 de 20%.

Dans les PME, les trois premières sociétés déposantes de brevets sont Aledia (société grenobloise spécialisée dans les technologies LED), Devialet (enceintes audio) et Isorg (capteurs, biométrie, détection d'empreintes digitales).

im/ico/els

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