Plus de 850.000 collégiens passent dès vendredi, en pleine canicule, les épreuves du brevet nouvelle formule, marqué notamment par un contrôle continu moins déterminant et un système de notation révisé, des changements susceptibles d'entraîner une baisse du taux de réussite.
Si certains oraux du baccalauréat ont été reportés de quelques jours pour faire face à la vague de chaleur exceptionnelle qui touche la France, le brevet des collèges est bien maintenu, a annoncé mercredi le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray.
"L'épreuve de français", qui lancera vendredi le brevet des collèges "est maintenue puisqu'elle est le matin" mais bénéficiera d'un "certain nombre d'aménagements", a-t-il déclaré à la presse.
Les responsables des centres d'examen pourront notamment "décider de deux pauses" de 15 mn entre les trois étapes de l'examen. De même, les élèves pourront exceptionnellement aller aux toilettes dès la première heure d'examen.
En 2019, le ministre de l'Éducation nationale de l'époque, Jean-Michel Blanquer, avait décidé de repousser de quelques jours le brevet en raison de la canicule, mais à l'époque la moitié des épreuves se tenaient l'après-midi.
- Chute "drastique" ? -
Cette année, seule l'épreuve de sciences (physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre, technologie) est organisée lundi en début d'après-midi, juste après celles d'histoire-géographie et d'enseignement moral et civique (EMC), mais les températures s'annoncent plus clémentes. Les mathématiques sont programmées mardi matin.
Ces épreuves finales représentent désormais 60% de la note totale, et le contrôle continu 40%, contre 50% chacun auparavant. "Autrement dit, on ne peut plus arriver le jour du brevet en l'ayant déjà", a commenté M. Geffray lors d'une conférence de presse mi-mai.
Le mode de calcul évolue également. Il ne repose plus sur l'évaluation du "socle commun" de connaissances et compétences sur l'ensemble du cycle 4 (5e, 4e, 3e) par les enseignants, mais sur les moyennes obtenues par les élèves dans chaque discipline tout au long de l'année de troisième.
Autre nouveauté, l'épreuve de mathématiques comporte désormais une partie spécifiquement dédié aux "automatismes", qui doit se présenter sous la forme d'une série de questions courtes à traiter sans calculatrice.
Enfin, fini le barème sur 800 points, le brevet sera désormais attribué aux candidats ayant obtenu une moyenne finale égale ou supérieure à 10/20.
En raison des nouvelles modalités, le ministre s'attend cette année à "une chute assez drastique du taux de réussite".
"On aura peut-être 75% de réussite au brevet avec beaucoup moins de mentions", contre 85,5% l'an dernier, a-t-il prévenu début avril.
- Rehausser le niveau -
Un durcissement qui vise, selon lui, à rappeler qu'"un examen, ça se prépare".
L'objectif est également de mieux préparer les élèves à leur entrée au lycée. "On ne peut pas les induire en erreur sur leur niveau (...) Leur dire la vérité va leur permettre de prendre conscience des efforts à fournir en seconde ", assurait-il.
Pour autant, l'obtention du brevet ne conditionne toujours pas l'accès à la classe de seconde. Le ministre, comme sa prédécesseure Élisabeth Borne, n'a pas repris l'idée d'un "brevet couperet", mesure-phare du "choc des savoirs" lancé par l'ancien locataire de la rue de Grenelle, Gabriel Attal, en décembre 2023, qui devait initialement entrer en vigueur en 2027.
M. Geffray a toutefois affiché son ambition de rehausser le niveau et les ambitions au collège, avec notamment la création d'un concours général dédié, inspiré du prestigieux concours général des lycées, dès l'an prochain.
Il a par ailleurs lancé l'opération baptisée collège en progrès, avec laquelle 800 établissements où plus de 40% des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques au brevet devraient bénéficier de moyens et d'un accompagnement particulier à la rentrée.