Bond du thermomètre, hausse du risque de noyades

Dix décès par noyade dans l'Hexagone, selon la Sécurité civile, dans la seule journée caniculaire de dimanche: les vagues de chaleurs, de plus en plus précoces et intenses, représentent un risque accru de noyades, notamment lors de baignades hors de zones surveillées.

"Ces hausses de températures sont propices aux baignades et activités nautiques augmentant le risque de noyades accidentelles et le nombre de décès par noyade", a rappelé la semaine dernière Santé publique France, dans un rappel des "bons réflexes" face aux fortes chaleurs.

Le nombre quotidien de noyades accidentelles, suivies ou non d'un décès, augmente pendant les périodes de fortes chaleurs, montrent les enquêtes épidémiologiques.

En outre, avec le réchauffement climatique, les fortes chaleurs poussant à se rafraîchir interviennent de plus en plus avant l'ouverture d'espaces aquatiques surveillés, ou hors des horaires de surveillance, ou encore dans des lieux de baignade sauvages.

"Lorsqu'on va se baigner, il faut vraiment que ce soit dans un lieu surveillé", a insisté lundi un porte-parole de la Sécurité civile, Jérôme Boulanger, après avoir annoncé au moins 13 décès par noyade le week-end passé.

Même avertissement, il y a un mois, de Voies navigables de France, qui gère des milliers de kilomètres de voies d'eaux: "Hors des zones aménagées pour la baignade, celle-ci est risquée: courants violents, mauvaise visibilité sous l'eau, berges difficiles d'accès compliquent tout secours".

Se baigner dans des endroits aménagés et surveillés, se renseigner sur les conditions météorologiques, tenir compte de son état de forme, surveiller activement et en permanence les jeunes enfants figurent dans les recommandations régulières des autorités.

"Il ne faut pas aller se baigner une fois qu'on a pris de l'alcool avec les fortes chaleurs parce que vos réflexes ne sont plus les mêmes", a rappelé vendredi la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

En France, les noyades accidentelles sont responsables chaque année d'environ 1.000 décès, dont environ 400 l'été.

L'été 2025, au troisième rang des étés les plus chauds depuis 1900, a été marqué par 409 décès par noyade en France de début juin à fin septembre, dont 57 d'enfants et d'adolescents. Une hausse de 16% par rapport à 2024.

Une large part de ces noyades mortelles sont intervenues lors d'une vague de chaleur précoce et longue, alors que les vacances scolaires n'avaient pas commencé et que la plupart des lieux de baignade en milieu naturel n'étaient pas surveillés.

Près de 60% des noyades mortelles chez les moins de 18 ans sont survenues dans des cours d'eau, rivières, fleuves, lacs ou étangs.

Outre des décès, les noyades accidentelles peuvent provoquer des séquelles parfois graves, notamment neurologiques.