Après une recharge "exceptionnelle" en février, les nappes phréatiques en France gardent des niveaux globalement "satisfaisants" mais ont commencé pour certaines à se vider après un mois de mars déficitaire en pluies, a annoncé vendredi le BRGM.
L'organisme public en charge de la surveillances des réserves d'eau en France estime que les prévisions pour l'été 2026 concernant une éventuelle sécheresse "restent incertaines" et dépendront des futures précipitations et prélèvements en eau pour certaines activités comme l'agriculture ou le tourisme.
Au 1er avril, le niveau des nappes "reste satisfaisant pour la plupart d'entre elles, autour de la normale et de modérément haut à très haut" avec 62% des points d'observation présentant un niveau au-dessus des normales mensuelles.
A l'échelle du pays, la situation est meilleure que celle de mars 2025 (52% des nappes au dessus des normales).
Cela est dû en grande partie à une "recharge exceptionnelle" en février, mois où la France avait été particulièrement arrosé en raison d'une succession de perturbations. Pour mars, la situation apparait "plus contrastée", avec un déficit de pluies observé sur de nombreuses régions qui, couplé au réveil de la végétation printanière, a entrainé un début de vidange sur plusieurs nappes réactives.
Ainsi plus de la moitié (54%) des points d'observation présentent des niveaux en baisse à la fin mars.
C'est le cas des nappes du socle armoricain ou du socle limousin, des nappes des calcaires jurassiques du grand sud et sud-ouest du pays et de certaines nappes alluviales (y compris du littoral corse).
Les nappes du pourtour méditerranéen, où la pluie était encore bien présente le mois dernier, continuent elles à se recharger, à l'exception de celles des alluvions de l'Hérault et des calcaires des Grands Causses.
Les nappes très inertielles de Normandie, du centre du Bassin parisien, de l'Artois, le couloir Rhône Saône et les calcaires de l'Armagnac, présentent elles aussi des niveaux encore en hausse, mettant plus de temps à réagir au manque de précipitations en raison de leur nature géologique.
"Le bilan provisoire de la recharge hivernale 2025-2026 permet d'espérer des niveaux satisfaisants sur une grande partie des nappes réactives pour le trimestre prochain. (...) Cependant, des incertitudes existent concernant l'efficacité des pluies du printemps, avec la reprise de la végétation, et concernant les besoins en eau", rendant les "prévisions à plus long terme (...) incertaines", conclut le BRGM.